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Quintaine - 1951


Chers dindons, dindonnes et dindonneaux,

1951, lendemain du demi-siècle, année chargée de projets miracles et de tours d'acrobates. Notre cher discours a failli disparaître. Un voleur ? Non. Tout simplement par manque de mines. L'iodure d'argent a fait éclater les crayons. Heureusement que l'un de nous a découvert dans un vieux tiroir un crayon d'avant-guerre. Et pour chercher l'inspiration, il s'en alla vers le jardin des plantes. Il croyait découvrir dans ce jardin de rêve un lieu idéal pour l'épanouissement de sa muse. Il chercha, mais en vain, un siège introuvable. Il réussit enfin à découvrir une boîte de cassoulet abandonnée par la bohème. Mais où allait-il découvrir un espace libre, car orties, ronces, attrape-chiens, gandoles en ce lieu étaient roi. Notre homme se croyait seul, mais il avait la charmante compagnie d'une tribu de bêtes à fourrure soyeuse et à queue de lime. Oh comble de malheur ! Il en prit son parti et commença à écrire son discours, émerveillé par le chant harmonieux d'une chouette. Tout à coup, il leva la tête, reniflant l'étrange parfum des fleurs d'Orient abandonnées. Le parfum devenait trop pénétrant. Notre homme commença à pâlir. C'était l'empoisonnement. Affolé, il prit ses jambes à son cou, mais hélas il glissa sur quelque chose de mou. C'était une sentinelle en fonction qui avait de nombreux compagnons. Etouffé, se sauvant comme un fou, il bondit à la fontaine pour faire passer le goût. Oh désastre !


Première pénurie

Eau sous pression à volonté

Notre charmant petit village est en train de se mettre au diapason du progrès. Et à quel sujet ? Serait-ce une salle des fêtes ? Peut-être un jardin des plantes florissant ? Rien de tout cela. Ce n'est que douce illusion.
Un de nos soiffeurs aurait-il découvert la pierre philosophale ? Encore moins.
Le projet d'une rampe de lancement de soucoupes volantes serait-il en exécution au Pêcher ? Pas plus.
Donnez votre langue au chat. Bergère as-tu la bague ? Passes au voisin !
Devant ce problème insoluble à vos yeux, nous disons ″ Euréka ! ″. pourvu de lunettes spéciales, nous avons enfin découvert la source de vos tourments. Depuis un demi-siècle de multiples projets furent conçus en vue de doter la commune d'un immense barrage retenant le précieux liquide incolore. Hélas, trois fois hélas ! Et comble de la logique, ces pauvres projets sont tombés à l'eau sans se mouiller. Non pas dans l'eau du barrage chimérique, mais dans le liquide coloré et vermeil. Cette pauvre coulante a disparu, absorbé par les discours électoraux. Pauvres dossiers poussiéreux conçus par nos aïeuls qui furent des hommes forts. Seriez-vous passé par les mains du croque-mort ou bien les mites affamées vous auraient-elles dévorées ? Un nouveau rebouteux a repris les idées de nos vieux. Dans la combe du Bessy, de gigantesques travaux ont été entrepris.
- ″ Préparez vos cruches et vos seaux, l'eau va venir à pleins tuyaux !″
Ça c'est du boulot. Braves ménagères, faites attention ! N'appuyez pas trop fort, il y aurait trop de pression !
On garde les mêmes et on recommence. En attendant, con-citoyens, pour l'eau faites bombance ! On a juste à faire venir un illustre sourcier, mais en fait d'eau, on a trouvé le rocher. Six mille balles ont été emportés et vous continuez à la sécher ! Oh miracle de miraclette ! En fait, c'était la queue pour laver nos chaussettes. L'eau avait jailli. Oh déception, un puisatier faisait pipi ! Mais il nous reste une planche de salut. Et il ne faut pas nous considérer comme perdu, car si l'eau de la nature n'est pas là pour laver les épluchures, par l'action du général Ruby, nous ferons gagner les marchands de parapluie. Car assisté d'un brillant état-major, il envoya des fusées comme des météores. Chaque soir, à l'Eternel, nous adressons cette prière suprême :
- ″Mon Dieu, pour faire remplir réservoirs et fontaines, envoyez-nous de grâce votre pluie quotidienne !″
On a voté les centimes additionnels, mais au lieu de l'eau pure, vous aurez l'artificielle. Et en conclusion, malgré la petite toupie qui tourne en rond, nous sommes tous marrons.


Deuxième déception

Le renard et le papeau

Un vieux renard perclus de rhumatismes
Alla finir sa vie au bord d'un précipice.
Epuisé, terrassé, aveuglé, asmathique,
Il vint s'assommer contre une arme automatique.
L'heureux chasseur, en voyant le misérable,
Yraita le suicidé de fourrure insondable.
Car hélas, le malin, l'adroit, le rusé
Portait sur lui un supplément avarié.
Dans un geste de mépris, il jeta l'ordure
Par dessus les cailloux d'un petit mur.<
Le cadavre attendait en patience
Que les vers eut fini de faire leur cuistance.
Déjà sur sa tête tournoyait les corbeaux.
Le soir était calme, le ciel était beau.
Déjà du cadavre s'exhalait une forte odeur.
C'est alors que survint le second tueur.
Voyant la situation, notre en ramage
Chargea feu goupil sur son porte-bagage
Non sans avoir de tout son coeur
Ecrasé l'animal qui pourtant était mort.
- ″Quel succès de chasse ! Quelle réclame !
Quelle belle fourrure pour ma charmant dame !″
Rayonnant de cette facile victoire,
Bombant le melon, se couvrant de gloire,
Il se retournait et regardait parfois
Si la pauvre bête ne remuait pas.
Il passa par le bourg, et derrière son sillage,
Les passants s'écrasaient le nez avec rage.
Il arriva enfin à destination.
Brandissant son trophée comme le chasseur de Tarascon,
Par la prime alléché il souriait de toutes ses dents.
Mais qu'elle ne fut la déconvenue du président
En voyant la dépouille du mort
Qui embaumait le roquefort.
C'est alors que l'homme, en s'emballant,
lui dit : - ″Il est mort depuis longtemps !
Et attention ! Si vous déposez ici ce cadavre dégoûtant,
Je vous fais enfermer immédiatement !″
Et notre homme, penaud, honteux, confus,
Jura un peu tard qu'on ne l'y reprendrait plus.


Troisième pot de chambre

Manque de pot, descendez on vous demande

Une de nos petites rues, rendue célèbre par le discours passé, est aujourd'hui encore à l'honneur dans des conditions plus glissantes et nauséabondes que jamais. Un de nos matous, après un repas pantagruélique, se sentit l'estomac et les intestins embarrassés. Il demanda de sa petite voix fluette :
- ″Où pourrais-je poser braillette ? Car si la capsule partait trop tôt, on pourrait se fermer les naseaux !″.
Il entra dans le lieu discret, et pour se mettre en position ce fut vite fait. Pantalon rabattu, chemise repliée, il s'apprêtait alors à se soulager. Et soudain, vous ne voudriez le croire, la planche inanimée se mua en balançoire. On entendit un grand cri et un ″plouf″ mat. Notre insecte était trop lourd pour faire un acrobate. Des coussins doucereux amortirent le choc, aussi moelleux qu'un bon paddock. Plus il remuait, plus il s'enlisait. Les amis ne le voyant pas revenir, s'empressèrent pour le secourir. Le voyant dans cette triste position, ils eurent tôt fait de résoudre la question. Armés de cordes, de poulis, ils remontèrent l'infortuné embourbé d'ambre gris. La maitresse de maison le voyant, lui dit :
- ″Quelques minutes de plus, mon chéri, et c'était l'asphyxie !″

Morale
L'amour et la merde sont deux canailles.
L'un vous arrache le coeur et l'autre les entrailles.
N'usez pas des planches comme tremplins
Car elles vous conduiraient dans les colombins !


Quatrième machin-chouette

Saut Perrieux ou saut périlleux

Un de nos chasseurs, ayant dérouillé
S'en revenait un soir complètement blindé.
Les bords du chemin étaient comme des aimants
Et en huit compliqués il allait cheminant
Car le pauvre et malheureux Hercule
Avait ce soir là, chaussé les souliers à bascule.
Après avoir fait un arrêt obligé
Au rendez-vous des chasseurs si bien achalandé,
Il prit enfin le chemin du retour.
La nuit était d'encre, l'atmosphère était lourd.
Tout se serait très bien passé
S'il n'avait fallu traverser
Le Dorlay sur un pont centenaire.
Mais il faisiat si noir, pas même un éclair.
Après maints rétablissements
Notre brave chasseur prit son élan.
Il le prit avec audace,
Avec décision, et ″Taïau″ sur ses traces.
Le pont était trop étroit.
Il fit un malheureux faux-pas.
De sa vie, n'ayant jamais plongé
Il réussit un superbe saut carpé.
Tout passa dans le bouillon,
Homme, chien, capucin, fusil et munitions.
Et dans un grand ″ plouf ″ sonore,
On vit disparaître notre brave chasseur.
La situation était dramatique.
Les glou-glous commençait à monter tragiques.
Heureusement que ″Taïau″, seul champion de nage,
Avait pu rejoindre le bord du rivage,
Et là, hurlant avec effort,
Il commença le célèbre refrain ″ Meunier tu dors ″.
Notre pauvre plongeur, s'accrochant aux cailloux,
Réussit enfin à sortir de son trou.
Fourbu, faisant sombre trogne,
Il dit tout haut : ″Vive le dieu des ivrognes !″.

Morale
Chasseurs, n'inversez pas les rôles,
Un fusil n'est pas une gaule.
Et s'il vous arrive de faire ripaille,
N'ennuyez pas le gibier à écailles,
Car si le pêcheur est parfois un nageur,
Le chasseur n'est pas forcément un plongeur.


Cinquième casse-croûte

Les roast-beefs aux semelles de crêpe

Ayant été chargé d'une commission aux Colonies (pas à Madagascar mais à la Bâtie), un commissionnaire du nom de Pétalugue, se mit en devoir de s'acquitter de sa mission. En coup de vent il se précipita à l'endroit où le paquet avait été déposé. Mais au lieu d'un, il y en avait deux. Notre Pétalugue prit au vol le premier paquet qui se présentait, espérant par la même occasion, pour le prix de sa commission, recevoir un bon verre de pelure d'oignon. Ayant peur d'arriver en retard, Pétalugue fonça dans le brouillard. Arrivé dans les bosquets, il tenait toujours serré son paquet. La sonnette retentit. Monsieur le Directeur se présenta à lui :
- "Qu'y a-t-il pour votre service ?″
- "Je me suis dépêché, car la commission est pressante !″
- ″Oh, mais entrez cher ami ! C'est la viande pour les petits !″
Pétalugue faisait courbettes et risettes. Pensez donc, un directeur.
- "Arrivez, que je prenne connaissance !″
Notre Pétalugue émotionné s'empressa d'ouvrir le paquet. Les ficelles craquèrent et le contenu apparut.
- "Oh Sainte Apoplexie, Saint Thomas du Baldaquin !″
Les beefsteaks s'étaient mués en semelles dee brodequins. Il y avait une vingtaine de savates.
-"Je suis étonné ! Comme je suis confus !″, s'excusa Pétalugue.
Les coloniaux le prirent mal. La plaisanterie était de mauvais goût. Pensez donc ! En guise de beefsteaks, du caoutchouc ! Pendant ce temps, le bon paquet était retourné à l'expéditeur, et lorsqu'il arriva enfin à destination, il exhalait une forte odeur. La commission était manquée et le colis habité.

Morale<
Rien ne sert de courir,
Il faut savoir choisir.
Et en guise de bidoche
Ne pas apporter des ″taloches″


Sixième plat réchauffé

L'homme à l'estomac d'autruche

La grande nuit de Noël commençait et les réveillons aussi. Déjà, à travers deux échos de la messe de minuit, s'élevaient des chansons bachiques. Une de nos sociétés avait invité tous ses adhérents au réveillon qui, disait-on, promettait d'être copieux. Tous répondirent à cet appel avec enthousiasme. Un seul cependant différait de cette joie générale, car ce ne fut pas avec enthousiasme qu'il répondit à sa convocation, mais par une véritable ovation. Pensez donc, on allait faire ripaille, se remplir le cimetière à poulets jusqu'à s'en faire péter la panse. Et tout cela pour un prix fort modeste. Aussi arriva-t-il très en avance sur l'horaire prévu. Notre Gargantua se sentait un appétit féroce, et déjà, à travers deux larmes, il mangeait des yeux la dinde splendide et les petits pois odorants. Jamais il ne s'était senti capable de produire un aussi bel effort. Il est vrai que la préparation avait été plus que consciencieuse. Jugez-en vous même : un jeûne complet de 48 heures, et une désintoxication alcoolique parfaite. Tout était minutieusement étudié. Le festin commença. Et pendant que les invités donnaient les premiers coups de dents dans le plat d'entrée, son assiette attendait déjà les petits pois. Ceux-ci arrivèrent mais avec eux aussi une étrange mésaventure. Ne laissant pas à l'assiette le temps de se réchauffer de son contenu, qu'il jeta un coup d'oeil pour voir si petit pois il restait. Heureusement que petits demeuraient, et une seconde bachassée suivit la première. La tête baissée, remplissant sa bouche comme un chauffeur sa chaudière, il ne s'aperçut pas de la présence douteuse de cinq petits pois, qui au lieu d'être verts, étaient blancs. Mais ils eurent tôt fait de se mélanger à la sauce. Un premier passa, à peine un clignement d'oeil; un second, une petite grimace; les trois derniers demeurant dans l'assiette étaient le point de mire de tous les invités. Bientôt, ils restèrent seuls, et d'une fourchette formidable, il les engloutit dans son four insatiable. Mais ils ne passèrent point comme une lettre à la poste, loin de là. Notre goinfre surpris, étira le cou comme un coq qui chante, et dans une surhumaine contraction, tout descendit comme un éclair au chocolat. Pauvre Gargantua, il avait été trompé. Un mirlifin avait découvert du papier argenté et en boules l'avait roulé. Les efforts que fit Gargantua déclenchèrent l'hilarité dans l'assemblée. On lui dit enfin que les trois derniers petits pois étaient en papier doré.
- "C'est pas vrai ?″, répondit-il.
Il ne voulut rien croire, rien entendre. Et on avait peur d'une constipation. Mais de cela rien n'arriva. L'entrainement devait durer depuis longtemps.

Morale
Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger, vous risquez de fâcheux désagréments. Telle l'aventure des petits pois au papier brillant.


Septième machin-chouette

Le tartarin crédule

Par un matin sombre et froid, un de nos nemrods, disciple de Saint Hubert, entendit des appels sous sa fenêtre :
- ″Arrives, dépêches toi, mets tes jambes à ton cou, un lièvre dans mon jardin dévore les choux. Il fait au moins huit livres !″
Malgré ses rhumatismes, il ne fit qu'un bond, et se trouva dans la rue, le fusil au bras, les crans de sûreté relevés. Il jubilait, ayant déjà dans la bouche un goût de gibelotte et se disait en lui-même :
- ″Voici la fin de la chasse, serait-ce l'occasion suprême pour payer mon permis ? Vais-je enfin dérouiller ma barre ? ″
En prononçant intérieurement ces paroles, il arriva sur le terrain de chasse. Tremblant, les yeux exorbités, le fusil en position de tir, il fouillait vainement le jardin dans ses moindres trous. Tout à coup, de derrière un chou bâtard, il aperçut deux oreilles droites qui semblaient le défier. Deux détonations claquèrent. Un nuage de poussière séleva ne laissant pas discerner l'objet principal de la scène. D'un bond il fut sur sa victime. Oh déception ! Il n'y avait sur le sol qu'une vieille peau dévorée par les vers, laissant par une plaie béante s'échapper les entrailles qui ressemblaient étrangement à un bouchon de paille; quant à l'instigateur du coup, caché derrière un mur, il se fendait la bouche jusqu'aux oreilles en éclats de rire sonores. Notre infortuné comprit et se retourna alors, tempêtant et jurant comme un charretier contre son farceur.
- ″Encore deux cartouches de griller ! Et que va dire la cantonnière en me voyant revenir bredouille ?″
Le beurre était fondu dans la coquelle avec des pétillements sonores et attendait le lièvre mort.
- ″Adieu gibelotte et civet ! Adieu beau rêve que j'avais fait !″

Morale
Tout farceur vit aux dépends de celui qui l'écoute.
La moquerie est permise sur un naïf chasseur
Mais lui faire griller deux cartouches, c'est un peu fort.
Pour une fois que la cible était touchée,
Il a fallu que ce soit un lièvre empaillé.


Huitième corrida

Un émule de Manolète

Notre petit village fut le théâtre d'une belle corrida. Un de nos gonetiers débarquaient des taureaux de Camargue. Les bêtes furieuses, entrevoyant avant leur descente de voiture leurs congénères se balançant mollement au bout d'un crochet, refusèrent de débarquer sur le lieu du crime. Une vente aux enchères ayant lieu aux mêmes heures, nos toréadors se crurent dans une arène tant le cercle des curieux était fourni. Mais une bête refusait toujours de descendre de son panier à salade. Heureusement que survint un de nos employés municipaux vraiment taillé en Hercule pour maitriser l'animal furieux. A la vue seule de notre héros, le taureau prit peur. Il s'élança et dans un bond prodigieux fendit la foule des curieux. Aussitôt notre homme lui fit la chasse et réussit à le rejoindre, car celui-ci ne savait où aller. A l'instant où il la saisit par la queue, la bête piqua un démarrage foudroyant, et rouge de honte de s'être laissé rattraper par une mouche cancarne, prit carrément la direction du jardin des plantes. Notre tavon fut transporté dans les airs. L'animal ne s'apercevait pas de la lourdeur de son fardeau, et il le balançait dans les airs avec une facilité surprenante. Et notre toréador de dire :
- "Si je lâche, je me romps le cou !″
La bête continuait à se servir de notre héros comme balai pour épousseter nos mansardes délabrées. Nous devons reconnaître que notre homme travaillait sans filets, imitant les voltigeurs du cirque Pinder. Mais la sueur perlait sur ses tempes. Il remercia sincèrement Jéhovah lorqu'il vit arriver un picador plus habile qui réussit à maitriser l'inoffensive ″génisse″. Notre homme s'effondra, pantelant, sans force, criant d'une voix sourde :
- ″Pourtant c'est une brave... Oh la vache !″
Quelques instants plus tard la bête rejoignait l'abattoir, solidement encadré par tout un régiment de fonctionnaires arrivés en renfort après la corrida. Serait-ce pour rafraichir leurs gosiers assoiffés ?

Conseil
Il est dangereux d'être toréador
Surtout lorsque l'on n'est pas assez fort.
On s'occupe entièrement de son métier
Au moins on ne se voit pas ridiculisé.


Dernière nouvelle
Neuvième tour de chevaux de bois

Le grincheux paysan propriétaire

L'enfant gras possédait parmi tant d'autres choses, une terre parmi tant d'autres, mais une terre qui pouvait servir de passage à un de ses confrères. Ce confrère transportait du terreau, qui est entre parenthèses le meilleur des engrais. Le premier tombereau passa, mais pensez donc, deux ou trois mottes de terre furent arrachées par les roues.
- ″ Oh scandale ! Oh le profane ! Oser abîmer ma terre !″
Et de lui interdire le passage du deuxième tombereau. Une petite barrière toute fluette fut dressée. On est chez soi ou on ne l'est pas. Une explosion de colère éclata. Des éclats de voix jaillirent, des mots plus ou moins doux furent échangés. Mais au fond, c'est là de l'égoïsme d'une part, et de l'ignorance de l'autre. C'est ce que la morale vous apprendra.

Morale
Laissez à César ce qui appartient à César
Qui est en l'occurrence Fanfan gros lard.
Est-ce l'odeur qui vous chagrine
Et qui n'est pas faites pour vos narines ?
Quant à l'autre surpris de cet accueil froid,
Il se dit en lui-même : ″ On a souvent besoin
D'un plus petit que soi.
Car un jour, nul ne sait,
Toute méchanceté ne profite jamais ″.


mai 2017

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