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Quintaine - 1964


Bienvenue, garagnas, garagnasses de la cité des dindons !
Bonjour, les matrus ! Et les mille saluts, les contents et les mécontents, électeurs, électrices, futurs électeurs, l'avenir vous appartient !

Proclamation

Après la pacifique révolution de ces dindons enchainés,
Qui vit la disparition de ces indispensables conseillers,
Un progrès nouveau s'est réalisé.
Vive la lumière ! Adieu l'obcurité !
Petite cité tant critiquée naguère,
Serais-tu devenue une ville lumière ?
Aurais-tu fini, petite coquine,
De vouloir étonner les communes voisines ?
Continue de chanter tes ritournelles.
Tant pis pour les centimes additionnels,
C'est ainsi que dans cette clarté
De Saint Paul, jaillit la vérité.
Car nos anciens conseillers, plein de hargne,
Voulaient faire du budget une caisse d'épargne !
Mais à coups de brosse et de balai,
Les nouveaux écoulèrent cette vieille monnaie.
Ils employèrent tous ces anciens écus
A ce que la lumière soit ! Et la lumière fut !
Etes-vous satisfaits ou trompés,
Braves électeurs ? C'est à vous de juger.
Car, depuis un an que les anciens sont partis,
On peut dire qu'il y a du nouveau au pays !
Adieu, petit taudis ! Adieu, petit grenier !
On va construire bientôt H.L.M. Au Pêcher !
Et nos petits écoliers, dans leur nouveau bâtiment,
N'auront plus à se chauffer à un vieux poële fumant.
A l'école maternelle, entièrement rénovée,
Dindonneaux, dindonnettes, n'auront plus froid aux pieds.
Elèves et professeurs, profitant de l'occasion,
Ne confondront plus Charlot avec Napoléon.
Nos édiles ont voté; Ah, vraiment, quelle audace !
Le projet de trottoir Saint Paul – La Bachasse.
Dindons qui écoutez, pour vous faire plaisir,
Nous allons dévoiler les projets d'avenir.
Ces fameux techniciens veulent dans un coin champêtre
Aménager un bassin, pour aller faire trempette.
Si nous avons trop chaud dans nos maisons l'été,
Nous nous munirons d'une tente pour aller camper
Sur un nouveau terrain réservé à cet usage,
Où l'on acceptera dindons et vacanciers de tout âge.
Tels sont les projets et réalisations
Qui garderont la commune célèbre dans le canton.
Dans le futur, espérons que cela continueras.
Car comme dit la chanson : Eh bien, qui vivra, verra !

Musique : Qui vivra verra



Premier quincajou sauvage

Les chèvres acrobates

Une deux chevaux prenait patience sous un poirier squelettique. Dans un champ voisin, la biquette et ses soeurs virent les fruits verts à leur hauteur, le marche-pied était de taille.
- "Grimpons !" dit la biquette. Elle fut suivie par six de ses soeurs, des blanches, des noires, des mitigées. Elles se retrouvèrent sur le capot de la voiture, tendant le cou, s'étirant l'échine et tira,t la langue vers ces fruits tant désirés. Des entrechats de quincajou sauvage, accompagnés des sons d'une batteuse asthmatique, firent des trous, des petits, des gros, la toile était percée. Les cris du propriétaire ameutèrent l'assistance, qui jugea que ces chèvres avaient belle prestance. La classe 41 brandissait un gourdin menaçant, espérant appliquer un massage sur l'échine de la biquette et sa famille; Hélas! La souplesse distinguait ces charmants animaux. D'un saut gracieux ils s'enfuirent, vite fait, pour faire plaisir elles laissèrent en souvenir un gentil chapelet. Monsieur Seguin assistant à la scène, surpris mais jovial, annonça :
- "Qu'importe le toit de ta petite bagnole, je suis assuré au syndicat agricole ! Car pour tous les dégâts, je m'adresse rue du Pensionnat !".

Résultat

Six chèvres sur la toiture,
Deux chevaux sous le capot,
Cela fait un joli tableau.
Mais hélas ! Pauvre voiture !

Musique : Monte là-dessus



Deuxième Charleston

Le toutou kleptomane et les pantalons voyageurs

Après quelques larcins qui se sont commis dans notre calme village, un très grave incident se produisit entre une sympathique vieille fille et un chien amoureux des dessous troublants, à faire pâlir le plus fort des Don Juan. Une lessive toute fraîche, embaumée d'une odeur de lavande, séchait au grand soleil dans une cour retirée. Zoé avait du flair. Elle fut attirée par l'étendage comme une mouche par un fromage. Frous-frous et dentelles frémissaient sous la brise légère comme des guirlandes au 14 juillet. Oh ! La coquine ! Zoé s'élança sur la pièce la plus fine : une culotte d'une blancheur virginale fut la proie de ce chien malicieux. On entendit un cri d'angoisse. Voyant partir le plus attirant de ses vêtements, notre vieille fille cria :
- "On me viole ! Oh, pardon, on me vole !"
Le hold-up était de taille. Et la poursuite commence. Et vas-y que je cours, et vas-y que je te coince par le brave boulanger, plein de bonnes intentions. D'un écart, le toutou évite le bâton et d'un élan vainqueur, il emporte son larcin au pied de sa patronne.
- "Oh ! Les beaux pantalons ! Je portais les mêmes le jour de ma première communion !"
La corne basse, toute ébouriffée, frôlant le boulanger au passage, notre vieille fille vint récupérer son pantalon volage.

Musique : Elle a perdu son pantalon



Troisième Rouli-Bouilli

Le mystère d'une tête de veau

Entre bouchers, il se passe toujours quelques histoires vaches, et peut être de têtes de veaux.
Une histoire vraiment amusante vint troubler l'esprit d'un de nos bourreaux. Après le déchargement éclair de quelques quartiers de viande, une tête de veau aux yeux bleus, rasée de frais, disparue comme un ange dans les cieux.
- "Malédiction !" cria la patronne, "Oh ! Les vaches ! Ils m'ont rousti ! Serait-ce les gens du coin qui m'auraient barboté le fourbi ? Que du museau ils en fassent une salade, mais la cervelle était pour un malade !"
Ainsi pendant trois jours, une tête de veau vieillissait dans un seau, rigolant malicieusement quand elle apercevait le boucher. Pour juger de la température qui régnait à la boucherie, un de nos amis fit l'emplette d'un bifteck nerveux qui sautait sur le plateau de la balance, vu la colère de la bouchère. Mais, motus ! Aucune parole, le tour était joué ! La véritable victime du complot, fut le boucher de cent kilos, qui, pour éviter les réactions, offrit à tous les farceurs un beau jésus pur porc. C'est ainsi que tout rentra dans l'ordre. La colère disparut et les esprits se calmèrent, car la tête de veau reprit son sourire dans la vitrine.

Confession

Le brave Saint Pierre rapporta
Ce que Saint Antoine déroba.
"Ah !" s'écrièrent les saints Marius,
"Canibus, sancta prosperitus !
Amen"

Musique : Faut rigoler



Quatrième bourrée

La révolte des courges

Par un mois de juillet où le soleil nous faisait de l'oeil, un vaillant, un robuste mange-boulot prenait le chemin de la Font-Neuve. D'un élan paresseux, il s'élança au travail. Le matin, par passer les gerbes, ce ne fut qu'un jeu d'enfant. Tout allait pour le mieux quand l'Angélus sonna. Notre brave planta sa fourche, essuya la sueur qui ruisselait et dit d'une voix éteinte :
- "A force de remuer cette paille, ça me creuse ! Je vais remplir ma futaille!", et il se mit à table. Après un repas à faire trembler Gargantua, arrosé souvent par un petit vin pétilleux et plein de traitrîse, notre goragne voulut faire la pranière à l'ombre d'un gerbier. Il disposa son opulente bedaine au grand soleil, et, la tête chavirante, un sourire narquois à repousser le travail, il s'évanouit dans un songe où les terres à blé se transformaient en vignes, où les sources ne donnaient que du vin. Oh, quel beau rêve ! Quand la vigne est vigourette et le vin plein de fraîcheur ! Dans un champ voisin, des courges faisaient risette. L'une d'elles s'esclaffa d'un petit air moqueur, voyant mûrir sous les chauds rayons du soleil ce bedon d'où s'échappait un ronron à rendre jalouse une batteuse dernier modèle.
- "D'où vient cette soeur inconnue ?" s'exclama une citrouille.
Mais une autre s'étonna :
- "Déjà mûr ! Est-ce que le père Benoît se serait trompé dans son oracle, car, courge je reste, mais de toi melon je n'en veux pas !"
Mais le rêve fut stoppé. Un seau d'eau, manié d'une main adroite, aspergea le bedon de notre dormeur, qui jaillit du "mios" telle une fusée, d'un bond digne des jeux olympiques. Notre lézard se retrouva debout, et, honteux, s'enfuit en tendant le poing et s'exclamant :
- "Le boulot, ça me lasse !
La fatigue m'harasse !
Mais mouiller ma besace,
C'est vraiment dégueulasse !"

Musique : Fatigué de naissance



Cinquième spirou

La confirmation

Un soir d'automne où le banquet du conseil de révision battait son plein, le repas fut troublé par deux jeunes hommes nouvelle vague. L'un d'eux menaçait de la voix et du geste, et à la ceinture de ce jouvenceau, une lame brillait. Ces deux vertus roulaient les mécaniques comme on dit. Soixante-cinq kilogrammes à eux deux, qui dit mieux ? Et avec qui voulez-vous lutter ?
Ils furent vraiment téméraires, mais ne firent pas trembler le père, un gros gaillard, qui les empoigne, et d'un grand coup de pied dans le cul, il les éjecta sur le trottoir. La déroute des deux mécréants était complète. L'incident fut clos. La nuit porte toujours conseil. Le papa réfléchit. Qui avait armé la main de ce petit muscat ? Soudain, une idée illumina son esprit. Alors, content de lui, il sombra dans les bras de Morphée. De bonne heure le matin, notre bonhomme, les mains sur les hanches, attendit patiemment le fournisseur de l'arme. Soudain, d'une voûte ténébreuse, Rase-Motte, le présumé coupable, surgit. L'explication fut brève, et à genoux le Bon Dieu passe. Ce fut l'heure de la confirmation solennelle. Sur les joues lisses de ce petit complice, s'abattit une main velue, et le claquement fit trembler les saucissons de la boutique d'en face.
- "Pardon ! Oh, pardon beau-père ! J'ai commis une erreur, mais de grâce, ne frappez pas si fort !".

Conseil

Si vous voulez faire les truands,
Respectez toujours les cheveux blancs !
Car il vous faudra toujours payer la note
Et souvent par des paire de calottes !

Musique : Les voyous



Sixième polka

Le pompier ramoneur

Petit pompier, armé d'un grand courage,
Vit que son fourneau n'avait pas de tirage.
Ayant bouché la cheminée d'un chiffon,
Il monta sur le toit, armé d'un hérisson.
Mais hélas ! Ce n'est vraiment pas de veine,
Il se trouve en face de deux gaines,
Laquelle faut-il ramoner ?
Il ne faudrait pas se tromper !
Il n'y a qu'une solution,
Redescendre à la maison,
Et avec les papiers que j'allume,
Je verrai bien la cheminée qui fume !
Sitôt dit, sitôt fait ! Ayant décidé cela,
Dans le fourneau, les papiers il alluma.
Hélas ! Le chiffon oublié
Se mit à flamber.
Et devant la flamme dévorante,
Il fut pris d'épouvante,
Oubliant ses habits de pompier.
D'un saut, il fut sur le bouton de la sirène.
Cassant la glace, ne cherchant pas la clé,
Il appela les pompiers pour le sortir de sa peine.
Quand les sapeurs arrivèrent, le feu était étouffé,
Et, le capitaine en colère s'écria : "Et dire qu'il a son CAP !"
Prenant à témoin tous les autres apôtres,
Il dit : "Il est encore plus con que les autres !"

Constatation

Chez les anciens pour être admis
Il fallait prouver son courage,
Et ne pas ameuter le pays
Pour un simple ramonage !

Musique : Au feu les pompiers



Septième twist cuite

La bourrée de fonctionnaires, ou les fonctionnaires bourrés

Oh ! Quelle surprise ! Deux fonctionnaires en état de décomposition avancée s'ébattaient dans un estaminet autour de quelques chopines. Les jambes flageolantes, la voix éraillée et le nez rouge, ils essayaient, dans un rythme hésitant, un essai de twist-cuite ou de bourrée auvergnate. Pendant ce temps, une petite Quatre chevaux attendait patiemment son propriétaire. Celui-ci, diplômé de la brouette n'était pas un virtuose du volant, vu son état. Mais le patron du bistrot, d'un geste vif, s'empara des clés de contact et rendit ses colis intacts. Dans l'esprit de nos deux compères assoiffés, une idée jaillit :
- "Il est trop tôt pour aller dormir ! Allons boire le dernier !"
Reprenant la Quatre chevaux, l'un le képi en bataille, l'autre les lunettes sur le front, ils décidèrent de faire un petit tour de rue. Hélas ! En arrivant devant le siège des P.T.T., la maison s'avança, et la rue disparut de la ligne de mire de notre conducteur, manquant d'applater plusieurs des piliers du club. Grâce à leur souplesse, ceux-ci s'éclipsèrent vite fait devant cette exhibition de stock-car. On s'est laissé entendre dire que, la voiture bien dressée avait l'habitude chaque fin de mois de mener son chauffeur à la poste pour toucher son traitement.
Après un recul éclair, la Quatre chevaux reprit la route, mais au fond de la Grande Fontaine le passager descendit, et habitué à coller des affiches, il se plaça contre un poteau en ciment, comme un naufragé qui ne peut quitter sa bouée. Après quelques zigs-zags savants, quelques bosses et beaucoup d'éraflures, notre voiture se rendit. Quant au virtuose, il entendit le troisième morceau de la femme coupée en deux, par sa douce moitié.

Recommandation

Vous pourrez en paix téter
Du lait, du vin, du pernod,
Mais laisser au garage votre auto,
Vous ne serez pas embêté

Musique : Sur la route de Louviers



Le texte qui suit est une chanson écrite autour du thème principal de la Quintaine 1964 qui était le "Charivari", tradition que la municipalité d'alors, voulut supprimer et qui aboutit, en votant deux fois dans l'année, au renouvellement de l'équipe municipale.

CHARIVARI

(sur l'air de "La Marmite") 

I

N'tapez plus sur les marmites,
Ne créez pas la panique,
Arrêtez de faire le charivari,
C'est formellement interdit.
Si vous faites du vacarme,
Prenez bien garde aux gendarmes
Nous disaient nos anciens conseillers,
Ils vous mettront un procès.
Tous les us et coutumes,
Ces édiles ne voulaient plus de cela.
Pour leur plaire, fallait s'taire,
Le résultat, c'est qu'à cause de ça,
Aux élections, ne leur déplaise,
Ils ont ramassé tous, une bien belle veste.

II

On a repris les marmites
Et sans créer de panique,
On peut dire que le charivari
Est complètement rétabli.
On a fait bien du vacarme,
On a pas vu les gendarmes,
Car avec nos nouveaux conseillers,
Maintenant c'est bien changé.
Ils comprennent et ils tiennent
Que l'on soit fidèle à toutes traditions.
Notre village, à la page,
Restera célèbre dans tout le canton.
Aussi, malgré les sabotages,
Continuons les coutumes et les usages.

III

Reprenez tous les marmites,
Et sans créer de panique,
Continuez le charivari,
Car maintenant c'est permis.
............................
Si vous êtes neurasthénique,
Ecoutez cette musique,
Venez donc, c'est le charivari.
Voyez comme c'est gentil.



Sources :

  • Manuscrits originaux de la Quintaine de 1964
  • Edition du programme de la Quintaine de 1964


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