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Quintaine - 1966


Français, Françaises,
Chers contribuables
Et gracieuses suffragettes,

Ces candidats ont eu leur cadeau accompagné de quelques mots. Pour terminer, comme au jour de l'an, nous leur offrons tous nos voeux, espérant que dans six ans ils feront encore mieux.

Musique : Allez donc vous faire laver la tête


Après cette poussée de fièvre, malgré les prédictions et les chuchotements agressifs de certains, nos conseillers ont, sans avoir besoin de quitter leur veste, retroussé leurs manches de chemise et entrepris le renouveau de la commune, ce qui n'était dans le temps que projets et desseins.
Pour le premier : l'HLM du Pêcher pousse, et les autres suivront comme des champignons. La guerre aux taudis est déclarée !
Pour le second : embaumé d'armoise, le petit trottoir Saint Paul-La Bachasse se porte bien. Rassurons les moqueurs, le goudronnage tant désiré, c'est trop peu. Notre municipalité attend deux wagons de marbre rose en gare de Grand'Croix. Mais en attendant, plus d'odeurs ni de gros ratons qui nous faisaient des frayeurs ! Entre nous soit dit, un trottoir tout nu ne s'enrhume pas, tandis que nos battus bien habillés sont invités à acheter de la naphtaline pour conserver leur veste pendant six ans !
En troisième, le pont de radio-lavoir fut restauré et élargi pour permettre au camion-citerne de livrer le pinard des grands crus de Farnay.
Nos hameaux éloignés auront bientôt l'eau sur l'évier. Déjà elle est installée à Vergelas, ce qui fait que les taureaux n'iront plus faire saucette dans les puits !
Plus de nouilles, de macaronis, de soupes d'étoiles ! La patinoire artificielle de la route départementale arrivant à La Bachasse est supprimée. Maintenant, les déchets de cuisine sont enterrés. Dans les jours qui viennent, notre mairie va faire toilette et se transformer en maison de verre. Elle en avait bien besoin !
Les douches si longtemps promises sur les programmes électoraux vont être réalisées. Dindons, qu'en pensez-vous ? Ne vaut-il pas mieux des douches que des prisons ? Vu le nombre grandissant de sportifs dans notre petite commune, nos élus se sont penchés sur le problème d'un stade qui pourra servir à la rigueur aux prochains Jeux Olympiques ! Si, parmi les épreuves, il y a des concours de dégustation de Beaujolais, les dindons seront bien placés pour emporter les médailles d'or !
Nos soldats du feu vont être gâtés par nos édiles. Un petit costume en alpaga à chacun ! Nous espérons que le corps de sapeurs-pompiers sera constitué par des petits et des maigres pour faire des économies à notre caisse municipale.
Nous conseillons aux paysans de bien élaguer les pelossiers le long des chemins ruraux, pour éviter que nos pompiers, dans leur tournée de calendriers, se fassent des trous dans le tergal.
Notre garde-champêtre, lui aussi, va profiter de l'occasion du "temps que la caisse est ouverte, il n'y a pas de raison !". Nous espérons qu'il gardera ce nouveau costume pour les grandes cérémonies et se servira de l'ancien pour enfoncer le melon. Et manque de pot, les cantonniers ne sont pas habillés, ils n'ont obtenu eux, que des jours à pied ! Pour les autres réalisations, chut ! Patience ! Tout vient à point qui sait attendre. Mais on peut dire que dans quelques années, les anciens dindes ne reconnaitront plus leur vieille cité !

Musique : Quand tu reverras ton village

Passons maintenant aux champions olympiques qui se sont distingués aux Jeux des Olympiades du Rire de la Quintaine !


Ouverture par les membres du Comité

Grande parade

Cass-cass, boubou et procession

Un samedi soir, un fumet inhabituel et alléchant se répandait dans la rue des conseillers, annonçant une ripaille gargantuesque, à laquelle était convié ce fameux Comité de la Quintaine, sobre d'eau minérale, mais amis de Bacchus et morfalou de première. Huit heures dégoulinait à la toquante martienne, quand, après maintes et maintes tournées d'apéros, nos convives se mirent à table. Ces messieurs furent servis avec gracieuseté et élégance par la baronne du logis.
Entrée : "Salade des pieds d'éléphant à l'huile de coude". Et un petit canon sur cette chaude.
"Envoyez la suite !" s'écria un invité. Un plat de tranches de baleine se radina (illico presto). Et deux gros canons de rouge pour noyer se petit poisson. Enfin voici le coulant et cocottant fromage. Le canari, par l'odeur incommodé, chut de son perchoir et tomba asphyxié. Nos compères, un frisson dans le dos, en profitèrent pour finir le tonneau. Il faut vous dire que tout ça se passait en musique comme de bien entendu, à l'aide d'un vieux phono asthmatique. Soudain un Sambre et Meuse retentit. Ancien soldat du quatrième laitier de Farnay, le maître de maison, voulant prouver ses talents de tambour-major, s'emparant d'un vieux balai, il commença des moulinets savants au-dessus de la tête des convives. Devant le danger menaçant leur crâne, ceux-ci s'emparèrent et se coiffèrent de la batterie de cuisine. Du casso à tisane à la cocotte-minute, tout y passa, et un défilé s'organisa autour de la table encombrée de nombreuses bouteilles à col doré. La patronne, juchée sur le fourneau, se prenant sans doute pour Jeanne d'Arc, gesticulait et encourageait d'une voix tonnante ce défilé de "blindés". Cette procession était commentée par un de nos reporters, qui, fer à repasser en main en guise de micro, faisait le compte-rendu de ce spectacle son et lumière. Ce fut l'atterrissage d'une planche à hacher sur la tête fêlée d'un des invités (un vrai bruit de tirelire ébréchée), qui mit fin au calvaire des voisins qui n'avaient pu fermer l'oeil de la nuit.

Gens de Saint Paul dormez en paix,
Tout redevient tranquille, trois heures il est !

Recommandation

Si vous faites un festin,
Buvez ces bouteilles vénérables,
Mais à minuit sortez de table
Et n'emmerdez pas les voisins !

Musique : Sambre et Meuse


Deuxième tentative

Course en zig-zag

Un soir de juillet, pour la saint Riri, un petit homme grassouillet dit "Riton Cassoulet" se propulsait péniblement par la montée de La Bachasse. Tenant par les cornes son véhicule à pédales, il marchait la mine épanouie en zigzaguant d'un côté à l'autre de la route, s'accrochant de temps en temps les ripatons dans les manivelles. Qu'était-il arrivé à ce petit homme si dévoué ? Lui si sobre d'habitude, avait-il bu ou était-ce une maladie ? C'était tout simplement à l'occasion de sa fête, arrosée copieusement avec de gros canons de rouquin qui se battaient en duel avec des verres de Ricard mal noyés. Notre Riton était élu. En arrivant au hameau des Combettes, dans une échafeté savante et pleine de style, il s'applata lourdement sur le macadam. Gesticulant, battant des abattis telle une tortue couchée sur sa carapace, notre homme ne pouvait se remettre sur pied. Un combêtien, étant sur le bord de sa porte, vit le tableau et décida sans tarder de rendre à bon port ce fardeau. Appelant son moufflet pour conduire le vélo rebelle à son maître, notre sauveteur releva le colis et prit la route de la capitale. Suant, soufflant, geignant, ils arrivèrent tant bien que mal au bas du col du Pavillon. La montée fut terrible et laborieuse. Des commères assemblées au sommet du col, attendaient l'arrivée de cette course de lenteur. En voyant ce spectacle, une brave mémé, ajustant ses lunettes sur son front, s'exclama :
- "Oh ! que pavra pitzeu ! Oh ! L'est bion rangi, en t'a t'y passa, bonne et gens, boseigne ! Oh ! L'a dû barranqua par lou charrère !".
Ils arrivèrent enfin à la maison malgré quelques croche-pattes dans les escaliers en colimaçon. Après avoir aidé la douce moitié à mettre Riton dans son nono, notre combêtien et son lardon furent remerciés chaleureusement et reprirent sans tarder le chemin des Acacias.
Le Riri, enfoncé entre deux édredons et trois coussins, s'endormit jusqu'au lendemain, rêvant à la soupe de grimace qui l'attendait au matin.

Conclusion

Si vous fêtez votre Saint Patron,
Pensez au retour à la maison.
Car, pour tenir sur ses fumerons,
Faut savoir empiler les gros canons !
Musique : Boire un petit coup


 Troisième épreuve

Cent mètres nage libre dans une bassine

Après visite à bien des cabarets,
Maître Dindon rentrait au logis.
Mais tout ce petit vin clairet
Troublait la vue de notre ami.
Il entra chez sa voisine
En train de laver sa cuisine.
La regardant travailler,
Il se mit à lui parler
Des canons de La Bachasse,
De tout ce qui était cocasse.
Mais, pendant la discussion,
Notre homme allait à reculons.
Son erreur fut fatale !
Il marche sur la savonnette,
Glisse, trébuche et puis s'étale
Dans le récipient. Il fait trempette.
Coincé dans la bassine,
Notre retraité de la mine,
Ainsi qu'ancien des pompiers,
Ne pouvait se relever.
La voisine éclaboussée,
Du renfort alla chercher
Pour sortir de cette position
Ce célèbre et gai dindon.
Le pantalon tiré, les bretelles tendues,
Allait-il s'en aller, la bassine au cul ?
Pas de bouche è bouche pour la réanimation
Mais des bras puissants pour le tirer de cette situation.
Aux appels au secours, une femme est arrivée.
Avec la voisine se mirent à tirer.
Face à ce nouveau sport,
Tout en éclatant de rire,
Les mamans unirent leurs efforts
Pour lui éviter le pire.
Après bien des tourments, il fut enfin sorti
Et puis débarrassé, regagna son logis
Tel un cul de jatte, champion de course à pieds
Il s'en alla chez lui l'échine courbaturée.
Sa femme lui dit : "Cochon, ne t'es tu pas senti,
Pour que dans tes culottes tu as fait ton pipi !".
Mais lui, à sa moitié raconte son histoire.
Elle a bien rigolé, je vous prie de nous croire.

Conseil

Si, chez votre voisine vous vous rendez,
Regardez où vous mettez les pieds !
Car, fesses bleues et vaseline,
Sont les tribus de la chute dans une bassine !
Musique : A l'z chu dans l'aigue


Quatrième record

Lutte libre dans les caves de Saint Pierre

Près de notre cité, existe un charmant Paradis Terrestre où les caves de Saint Pierre sont fort bien achalandées. Le sang du seigneur coulait à flot ce jour‑là. Guère de prières, mais beaucoup de calices, la fin des vendanges battait son plein. Autour du pressoir étaient réunis Saint Pierre avec ses clés, Saint Jean‑Baptiste, Saint Paul, le gros Saint François, qui pour boire se servait d'un bol à la place d'un ciboire, et Saint Jacques qui faisait régner l'ordre et appliquer la loi. Seul Saint Marius manquait à l'appel. Cette assemblée céleste, survoltée par le bon jus de la treille, se trouvait dans une gaité folle, d'où était exclue les cantiques rituels. Au moment d’une élévation des verres, Marie Madeleine, arrivant tel un ouragan, se précipite sur le premier Saint se trouvant sur le chemin de la Croix, et d'une taloche bien appliquée, Saint Paul bascula dans le bénitier. Saisis d'effroi, ne voulant pas recevoir la confirmation, Saint François et Saint Jacques se sauvèrent à toutes jambes pour échapper à la distribution. Officiant près de la cuve, Saint Pierre resta de bronze. Et, quand Marie Madeleine voulut lui faire subir le sort de Saint Paul, il s'écria d'une voix grave :
« Oserais‑tu gifler le portier du Paradis? Si tu oses me frapper, du ciel tu seras bannie! Calme-toi et prend la porte avant que le diable t'emporte!".
Après ce léger incident, un dernier verre fut servi et le calme revint au Paradis.

Suggestion

Devant la paire de calottes,
Saint Pierre seul n'a pas tremblé.
Pour déguster en tranquillité
La prochaine fois, fermez bien la porte!

Musique : La jolie vigne


 Cinquième record

Relais‑Poursuite

Les femmes sont aussi emmerdantes qu'un parapluie quand il ne pleut pas. Il faut toujours les avoir à son bras pour ne pas les perdre. C'est ce que nous prouve la mésaventure arrivée à un de nos concitoyens, qui, se réveillant un lendemain des élections, s'aperçut de la disparition de sa moitié. Cherchant de la cave au grenier, ne trouvant rien, il alerta les autorités compétentes. Garde‑champêtre, gendarmes à pied et brigade de recherches arrivèrent accompagnés d'un grand détective à quatre pattes. Azor au nez fin prit la piste et mena tout d'abord nos policiers aux abords d'une cave ténébreuse. Mais là, aucune trace de la Madame disparue. Ce fameux chien policier préférait sans doute mieux sentir un camembert qu'une jolie femme?
Intrigués par ce remue‑ménage inhabituel, quelques attroupements se formèrent et les gens s'interrogeaient entre eux :
- « Que n'y a t'y? Qu'est qu'est que se passe? De bon matzin ? ».
- « Oué une a femme qui a moda ! », répondit un dindon mieux informé que les autres.
- « Oh! De qu'o chien! A la retrouvera ben par lou chamin! ».
Tout d'un coup, le chien reniflant, prit la direction du café‑taxi restaurant du moulin à vent. Et c'est en s'arrosant le gosier que les gendarmes à pied apprirent quelle direction avait prise cette dame en rébellion. Car notre garde‑champêtre, sans loupe ni lunette, était au courant de la cachette. Après les remerciements d'usage, les policiers rejoignirent leur caserne, pendant que notre retraité, après quelques coups de fil bien placés et un voyage éclair, retrouvait sa dulcinée. La réconciliation fut scellée par un petit bouquet et un grand banquet. Au dessert, tout en s'embrassant, ils redevinrent les Amants de la Saint Jean.

Mise en garde

Quand on est retraité, il vaut mieux tombé dans les bras d'un vieux fauteuil que dans ceux d'une jolie femme!

Musique : Rosalie


Sixième et dernière performance

Saut en profondeur

Par un dimanche de première communion, de joyeux convives S'affairaient devant un râtelier bien garni. Beaucoup de vignasse, le jus de pomme et le caca‑cola étaient exclus de la table. De temps en temps le bruit des mâchoires était couvert par un duo infernal qui devenait vite une cacaphonie à faire pleurer de rire les autres invités. Les tontons, les tatans et les marraines étaient dans l'ambiance. Le parrain, en pleine euphorie et déjà un peu gris se leva soudain. Des petits pets savoureux l'avertirent d'un besoin pressant, et de ses petits yeux vitreux, il chercha le numéro cent. En trois pas et une ébiganchée, il se retrouva au petit coin. Un plouff étouffé retentit, les planches graisseuses s'étant dérobées sous ses pas, notre athlète chuta dans la chose, comme une mouche dans un bol de lait. Effectuant un rétablissement avec une souplesse d'enclume, il parvînt à s'extraire de cette mélasse malodorante. Un appel angoissé fit sursauter les convives qui dansaient un "ca‑ca'' (lire cha‑cha) langoureux.
‑ « Vite! Les clés! Je suis emmouscaillé ! ».
Marraine se précipite. Oh, quelle vision! Les pantalons beiges étaient devenus marrons, à rendre jaloux la teinturerie « Vite à neuf ». La fête était finie et les chansons aussi. Bannière au vent, tenant son slip devant lui, précédé de sa douce moitié qui portait le fendard dégoulinant et embaumant les environs, le chemin du calvaire commença, sous les regards amusés de quelques curieux. Ils rejoignirent leur domicile et s'endormirent dans une odeur de rose!

Avertissement

Amusez‑vous ! Faites ripaille!
Mais attention! Souvent les chiotes sont canailles!

Musique : Ça sent si bon la France


Le texte qui suit fait référence aux élections qui eurent lieu en 1965

ELECTION 1965

sur l'air de "Vous permettez, Monsieur"

1er Couplet

Cette année, il y a eu les élections
Dans notre agréable commune
Deux listes nous appelaient aux urnes
Et réclamaient notre approbation
Les sortants composaient la première
La seconde comprenait des anciens
Ayant pris un coup d'pied dans les reins
Lors des élections dernières

1er Refrain

Vous permettez, Messieurs,
Vous voulez que l'on choisisse
Ent'une de ces listes
Il faut que l'on réfléchisse.
Vous permettez, Messieurs,
De réserver nos suffrages
Pour diriger a ville
A ceux qui f'ront de l'ouvrage

2ème Couplet

Messieurs les anciens, souvenez-vous
C'est vous qui nous gouverniez naguère
Vous nous avez déclaré la guerre
Le peuple n'a plus voulu de vous
Ayant formé une nouvelle équipe
A nouveau vous vous représentez
Un'fois de plus vous voilà blackboulés
Ceci est tout à fait logique

2ème Refrain

Vous permettez, Messieurs,
Que de vous on se méfie
N'croyez pas qu'on oublie
Qu'vous étiez à la mairie
Rappelez vous, Messieurs,
Que vous vouliez mettre en cage
Les coutumes et les usages
Qui font la joie de notre village

3ème Couplet

Reconnaissons que notre cité
Maintenant c'est remise à la page
Les projets ne sont plus des mirages
Les travaux deviennent réalité
Nous aurons un village modèle
Vous le verrez dans quelques années
Et pour notre Saint Paul rénové
S'ouvrira une vie nouvelle

3ème Refrain

Vous le voyez, Messieurs,
Il n'y a pas eu ballotage
Cela vous met en rage
Vous n'attendiez pas l'orage
Et malgré tout, Messieurs,
J'ai toujours entendu dire
Que les Dindons aimaient rire
Aussi gardez le sourire
Aussi gardez le sourire


Sources :
  • Manuscrits originaux de la Quintaine de 1966
  • Edition du programme de la Quintaine de 1966

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