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Quintaine - 1967


Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Bambins, Bambinos, Bambinettes,
Mutchachias et Mutchatious,
Nous voici au début d'une nouvelle année,
Pour faire le tour d'horizon de l'an écoulé.

Comme prévu, notre petit village s'élance vers le progrès, et un avenir certain. Enfin! Trente six familles de dindons seront à l'abri des intempéries dans les premiers H.L.M. que l'on peut appeler "Désiré". Souhaitons que la seconde tranche ne se fasse pas attendre aussi longtemps.

Dindons, pour faire votre toilette,
N'achetez plus des bassines en plastique.
Au mois d'aôut, les douches seront plus pratique.
Mais gardez en attendant,
Vos bassines en fer blanc
Pour faire pipi dedans.
Et dire, que malgré les critiques et 50 ans de propagande électorale,
Il aura fallu attendre 1967 pour pouvoir se décrasser l'épine dorsale,
Car, mairie, douches et nouveaux WC
Tout sera fini cet été.

Ah! Si nos grands‑pères voyaient ça! Les employés municipaux ont retroussé les manches. Les adductions d'eau se poursuivent dans les écarts. La pelle et la pioche sont maintenant au musée. Aujourd'hui nos cantonniers sont munis de matériel moderne d’occasion, et les pétards ne leur sont pas interdit, même le jour de mardi gras.

Dans le sport à Saint Paul, nous avons de grands champions
Qui remportent challenges et fanions.

La surboum de l'année, fut l'essayage des costumes restriction. Un tailleur de réputation mondiale vint en grande pompe, prendre les mesures vestimentaires de nos valeureux sapeurs, ainsi que celles du garde‑champêtre. Oh! Malerou, bisignette ! Ce tailleur là avait sans doute les ébariaudes. A l'essayage de ces costumes, notre section de sapeurs fut transformée en groupe de premiers communiants. Il y avait des pantalons à manches courtes, et des vareuses en pardessus. Le plus bath de tous, fut le garde‑champêtre. Les manches arrivaient au coude, il manquait dix centimètres à la vareuse, et c'était un drôle de problème pour faire joindre les boutons de la braguette.

Après un exercice de caca‑beson, le pantalon se trouvait ouvert,
Aussi bien devant que derrière.

Le théâtre Pitou était permanent. On peut dire que le pauvre garçon était mailloté comme un pied de cochon dans une bande Velpo.

Comme tout problème a une solution,
Des mains expertes rétablirent plus ou moins la situation.
Et nos braves s'en allèrent tout pimpants,
Avec les costumes offerts gracieusement
Par nos centimes additionnés.
Remarquez, quand on a des descendants,
Les costumes vont toujours à un certain moment.

A nos chasseurs communaux, tiraillés par les limites. Nous conseillons d'élever des toutous savants connaissant le plan cadastral, pour qu'ils ne s'égarent pas dans les bruyères fleuries de Vigelon. Le Comité leur recommande le fusil "Pique‑tout" avec plombs aller‑retour pour ramener le gibier dans les limites de la chasse communale.

Pour pallier, le dimanche, à la fermeture des estaminets, nous réclamons à la municipalité, l'achat d'un bar roulant qui circulerait le dimanche après‑midi dans la grande artère toutes les dix minutes, et achalandé de boissons gazeuses ou alcoolisées pour les dindons gloussant de pépie. Sans oublier une provision d'armoise ou d'eucalyptus, pour les fumeurs privés de la ration de foin habituelle.

Nous demandons que soit installé à La Bachasse, à partir de huit heures du soir, une location de patins à roulettes pour remplacer les taxis défaillants, pris de fatigue et de sommeil à la tombée de la nuit !

Vous voyez, chers dindons, que tout marche à merveille dans notre petit village, suivant le plan quinquennal, nous ne sommes plus au temps du rafistolage et des lampes à pétrole. Que notre cité va comme nous le désirons :
« Au devant de la vie! »

Musique : Marchons au devant de la vie


Et maintenant, voici le théâtre des dindons, joyeusement et bénévolement animé par nos acteurs locaux.

Première tragédie

La mémé fait la loi
Le pépé fait la croix

Une canne, précieux souvenir de famille, avait disparu. Cette canne là, aussi reluisante et aussi antique que son héritière avait autant de valeur, au marché aux puces, que la crosse d'un évêque. La dame annonça à grands cris qu'elle donnerait une prime de cinq cents francs anciens, à qui lui rapporterait sa branche tordue au four de la cuisinière. Au bout de trois jours, rien, toujours rien! La canne restait introuvable. Après quelques papotages communaux, et son enquête personnelle, une idée vengeresse conduisit la dame dans les potagers de la Croix Mailloux, où se reposait dans son jardinet, entre parenthèses un vrai musée, le coupable, un pépé de soixante-quinze ans, ayant la marotte de racler sur son passage tout ce qui traîne.
‑ « Dites donc jeune homme! Ne seriez‑vous pas devenu propriétaire de ma troisième jambe ? » .
‑ « Oh que si, ma grosse mignonne! Je vous la remettrai contre votre alléchante récompense ! ».
Mais, la confiance ne régnant pas entre les deux flibustiers, la mémé lui dit :
‑ « Fais moi toucher la canne, je te ferai toucher mon pèze ! ».
Le morceau de bois dur étant plus long que le Victor Hugo, la dame eut tout de suite l'avantage. Et que je te sigrolle de ci, et que je te tiranche de là ! Ils se bousculèrent si bien que la victorieuse, canne et billet à la main se retrouva les meules dans les reines des glaces, tandis que le vaincu avait la tête enfoncée dans le persil double. Frappant le sol du talon, effectuant un rétablissement aussi rapide que les vieux ressorts de sommier, la mémé se mit à casser du bois de canne sur le caillou dénudé de son antagoniste en s'écriant:
‑ « Il faut que la canne aille ! ».
Les anciens francs s'étaient transformés en francs lourds, à tel point que le pépé dû mettre une jugulaire à son chapeau pour le faire tenir sur sa cafetière. Il avait des cornes aussi grosses qu'un boeuf.

Avertissement
Une canne ce n'est pas comme une paire de souliers.
Avant de s'en servir, il n'y a pas à l'essayer.
Car, s'il faut qu'à vos pieds, les chaussures soient parfaites,
Sachez que les coups de canne vous font gonfler la tête!

Musique : On m'a relevé


Deuxième acte

Installation express

Quand on est né démerdard, on n'est jamais emmerdé. Ce fait divers vous le prouvera.
Dans un petit hameau de notre commune, un dindon paysan construsit, suivant des plans appropriés établis par le génie rural, un silo à regain.
- "Et bordel, mais ! On est moderne ou on ne l'est pas ! ".
Quelques jours après la mise en service de la fosse, les voisins accoururent.
- " Quel est donc l'invention de ce génie qui transforme notre eau potable en purin? Eh! Ioure ! Nous étions bien logis, maintenant nous sommes obligis de migi que de succanes ! On ne peut plus mettre d’aigue dans le vin du bagis ! Et pour les gaures, serons obligis de lou mena berre au barrage de...
- "Excusez moi chers voisins, je n'aurais jamais cru troubler votre breuvage! Foi de Tiennou, je vous assure que vous aurez l'eau demain chez vous ! ".
Le problème était ardu, et notre homme réfléchit :
- " De l'eau, j'en ai à volonté. Mais comment faire pour leur en donner ? Il y a la route départementale à traverser ! Si je m'adresse aux Ponts et Chaussées, il y en aura pour un an et trois kilos de dossiers ! Mes voisins ont le temps de la sécher ! ".
Après maintes observations autour du futur chantier, notre campagnard découvrit un petit orifice qui traversait la route.
‑ " Je suis sauvé ! " s'écria‑t‑il, car une idée lumineuse avait jailli dans sa tête de laboureur. Le sauveur était près de lui qui ronronnait au soleil. L'appelant d'une voix mielleuse, tout en le caressant, il en profita pour lui attacher un tuyau de nylon à la queue. L'opération était presque terminée, il ne manquait plus qu'une frayeur au greffier. Appelant le taïau, qui arriva en aboyant, notre paysan, d'un coup d'éclos bien placé, donna de l'élan au raminagrobis qui S'engouffra dans l'orifice à la vitesse du train bleu. La mine réjouie, notre ingénieur d’occasion se précipita de l'autre côté, pour délivrer de son tuyau, le miron qui, les quatre pattes en l'air, le poil hérissé et les griffes méchantes ne se laissait approcher. La libération de l'animal fut terrible, et notre cultivateur s'en retrouva les mains toutes écorpelées. Vous voyez braves gens, que l'idée était bonne. Pas de travaux de terrassement, en trois minutes l'eau fut sur l'évier. Qui dit mieux? Avis aux plombiers zingueurs.

Constatation
Il faut dix ans d'école pour faire un ingénieur.
En cinq minutes à They, on en fait des plus forts.

Musique : A la tienne Etienne


 Troisième Opéra

Les deux escrocs et le dindon...truffé

Cette histoire véridique s'est passée dans un petit bistrot du quartier de La Bachasse.
Un de nos dindons retraité, sirotait tranquillement une boisson rafraîchissante pour se refroidir les tuyaux de l'orgue. Tout à coup la porte s'ouvrit, et deux inconnus entrèrent dans l'établissement. L'un d'eux s'assit à une table et commanda une boisson, tandis que le second, un coupon de tissus sous le bras, commença à vanter sa marchandise.
‑ " Parmi vous y a‑t‑il un amateur de tissus. Tissus français, tissus marocains, tissus dindons?".
Tous les clients restèrent de marbre. Alors, le camelot s'approcha de notre vieux compatriote, et lui dit :
‑ " Achetez moi ce coupon, je vous le laisse pour vingt mille francs. Je le garantis pure laine!".
Et se retournant vers les consommateurs, il s'exclama d'un, air moqueur :
‑ " Il est vrai que le pépé n'a pas vingt mille francs sur lui ! ".
Celui‑ci, touché au vif, d'un geste rapide sortit son escarcelle en bégayant :
‑ " Que, que, que j'ai pas vingt mille francs ! ".
Et de son portefeuille, il tira deux images de dix mille francs.
L'escroc s'en saisit aussitôt, laissa le coupon sur la table, et partit au galop. Le compère assit devant son verre se leva soudain
‑ " Oh! Monsieur ! Il a oublié de vous faire votre reçu ! Attendez-moi une seconde, je vous l'apporte. Que voulez‑vous, dans le commerce, on fait tellement d'oublis ! ".
Et d'un demi‑tour savant, le bonhomme prit la porte sur le champ. Alertée par ce départ brusque, la patronne regarda la direction que prenaient les individus. Hélas ! Aucune trace ! Les deux coquins s'étaient volatilisés. Notre dindon, un frisson dans le dos, s'adressa à un consommateur ayant des connaissances sur le textile.
‑"Ne serais‑je pas le dindon de la farce ? Mon coupon de tissu est‑il vraiment pure laine ? ".
Après expertise, le connaisseur s'exclama dans un éclat de rire :
‑"Vous vous êtes fait rouler! Votre laine est de la rayonne dernière qualité. Vous en avez pour mille francs en payant comptant ! ".

Reprenant la route du village, notre dindon honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus

Mise au point
Dans le bon vieux temps, pour s'habiller,
On achetait vers le nègre à la Grand'Croué.
Tandis qu'à présent, avec ces camelots,
Votre argent s'envole et vous restez penauds.

Musique : Modons tous à la Grand'Croué


Quatrième Comédie

Le vrai paysan et le faux pyromane

Ce soir là, Maître Pierre, le paysan,
Descendit au village tout content.
Après un viron dans tous les cabarets,
Il se retrouva un coup dans les quinquets.
Tout se serait fort bien passé
Si le garde n’était arrivé.
Voyant la table bien embouteillée,
Il prit place sans se faire prier.
Sur la campagne, la discussion s'engagea.
Et bientôt en dispute dégénéra.
Notre ami, champion du labour,
Les autres, champions du discours.
Ils tournèrent la roue si bien
Que le petit Pierre s'énerva soudain,
Se saisit de son verre de vin
Et en brossa la chemise de son voisin.
Le garde, voulant lui foutre la traquette,
Sortit de sa poche une boîte d'allumettes,
Disant à Pierrot d’un ton assuré :
"Cette nuit ta ferme va brûler ! ".
Petit Pierre prit la chose au sérieux.
D'un pas mal assuré, il quitta les lieux.
Une fois dans la rue, il se mit à courir
En criant : " Le garde veut me faire rôtir ! ".
Trois petits coups amidonnés
Firent sursauter notre maire ensommeillé.
Celui‑ci ouvrant sa porte tout surpris,
Dit à Pierrot : "Qu'y a‑t‑il mon ami ? ".
Sortant un grand mouchoir à carreaux,
Notre brave paysan éclata en sanglots.
"Monsieur le maire, je vous le dis sans tarder
Que cette nuit, ma ferme va brûler.
Le garde‑champêtre m'a averti
Qu'il veut mettre le feu à mon écurie!".
A genoux le bon dieu passe.
« Monsieur le maire, mettez vous à ma place.
Si je vois rôder votre garde à Barollière,
Il prendra sûrement des plombs dans le derrière!".
Le maire, en riant, lui serra la main
Et lui dit : " On en discutera demain!
Tu peux regagner en paix ton logis.
Chez toi il n'y aura pas d'incendie.
Rassure-toi, va t'en tranquille,
Parole de garde n'est pas évangile ! ".
Notre homme, tout ému, chancelant sur ses pattes,
Partit tant bien que mal, rejoignant ses pénates.
Chez lui il se coucha, encore plein de frayeur,
Que sa douce moitié entendait battre son cœur.

Conseil
Quand tu descends de ta campagne
Petit Pierre, tu as toujours le coeur en joie.
Mais n'écoutes pas les sottises du garde,
Car il est plus filou que toi!
Musique : Petit Pierre


Cinquième Scènette

Plumes blanches et cheveux rouges

 A la veille des fêtes de fin d'année, un sympathique dindon aux cheveux rouges, devait faire livraison d'une oie et d'un canard, pour régaler quelques voisins à l'occasion du réveillon. Suivi de sa douce moitié, qui en fait une entière, notre éleveur se dirigea vers son poulailler, tenant dans sa main une lame bien affûtée, à faire trembler toutes les basses-cours des alentours.
‑ " Au poids, je ne vole pas mes clients " disait‑il toujours, " car je ne livre que des bêtes ayant le gésier vide ! ".
Mais sa maman qui le suivait derrière s'aperçut que notre tueur lui n'était pas à jeun. Il avait picolé pas mal de canons, et avait presque la boge.
Saisissant le canard, il voulut faire passer la bête de vie à trépas. Hélas! Sa main tremblait et la lame hésitante manquait la carotide de l'animal, si bien que la maman s'écria :
‑ " Veux tu que je te prête mes lunettes pour que tu t’aperçoives que le cou est en dessous de la tête ! ".
A la première goutte de sang, croyant le canard trépassé, il le lâcha. Le volatile, plein de frayeur, s'enfuit en caquetant : " A l'assassin ! ", puis s'écroula mort, d'une embolie. Ne rengainant pas son arme, notre boucher d'occasion se saisit de l'oie, aussi grosse que celles du Capitole. Ce fut l'apothéose ! Le cou de l'oie fut transpercé, mais aucune goutte de sang. La lame du couteau était restée dedans. La maman, écœurée par ce massacre, attrapa d'une poigne puissante notre blond vénitien par sa chevelure dorée.
Le combat fut inégal. La mama se saisit de l'oie de huit livres, et le papa du canard boiteux de trois livres. Et imitant les volaillers de Bretagne, ils s'en flanquèrent des coups. En veux‑tu, En voilà ! Les plumes volaient. C'était une vraie bataille de polochons. Et dedans ce nuage de duvet, on ne distinguait même plus la cabane à poulets. Le lendemain, jour de réconciliation. L'oie, invendable, fut servie avec délicatesse sur leur table. Mais l'inconvénient est que, quand ils mordirent à belles dents dans l'animal, ils trouvèrent mieux de cheveux rouges que d'arêtes dans un hareng.

Diagnostic
L'oie battait des ailes,
Car la maman en faisait des moulinets savants
Sur le papa qui était benaise...
Quand au canard, il est mort on ne sait comment !

Musique : L’oie grasse


Sixième et dernier mélodrame

La valse des képis

11 Novembre 1918, les canons se sont tus!
11 Novembre 1966, des canons se sont bus!

Après avoir assisté impeccablement au défilé habituel du 11 novembre, nos braves sapeurs, tout vêtu de neuf, reluisant comme des petits beurres, se sont retrouvés à l'apéritif traditionnel, offert gracieusement par la municipalité. Après discussion, ils décidèrent de continuer l'après‑midi la tournée harassante des calendriers, et de se retrouver le soir pour un petit mâchon. Car après l'effort, il faut le réconfort.
A deux heures pétantes, des dévoués, toujours vêtus de neuf, s'élancèrent à l'assaut des collines de Vergelas et de Vigelon, où ils ingurgitèrent beaucoup d'aramon, mélangé avec du Noas. Quand huit heures dégoulinèrent à la toquante du village, les yeux un peu vitreux et la langue pâteuse, nos courageux s'installèrent devant une table bien garnie, en desserrant leurs ceinturons. Bientôt, on entendit claquer les râteliers, artificiels ou naturels, entrecoupés de hoquets vinaigreux, et de petits rots plus ou moins étouffés, accompagnés de glous‑glous sonores, imitant l'écoulement d'un évier qui se débouche. Après l'arrivée du camembert récalcitrant, la discussion au sujet du service armé, s'enflamma.
‑ " Que ce soit lou pompi, lou militaire, ou lou pompe funèbre, ou z'ont tous de tépis et de jaquettes. On peut bien se gourra ! ".
De jeunes recrues, excités par la vinasse, prirent à partie leurs anciens. Après la ragnagna, ce fut la pagailla. Pendant que quelques uns prenaient la poudre d'escampette, les autres en vinrent aux jeux de mains. Et que je te tiranche, et que je te marpaille, et que je te sampaille. Les képis et les montres jonchaient le champ de bataille. Oh! Pauvre costume si reluisant le matin et si frippé le soir. Le père était aux prises avec le fils, et le patron, tout tremblotant, inspiré sans doute par le Saint Esprit, s'écria :
‑ " Bourreaux d'enfants ! ".
La martienne de service, ignorant le danger, fonça au milieu des médaillés, mais une jambiette imprévue l'envoya dans la sciure. Il est une expression de chez nous qui dit : "Ne poussez pas la mémé dans les orties ! ". Mais, pour une fois, nous pouvons dire : "Ne poussez pas la Gagate dans les képis ! ". Après la torsion du petit doigt de la patronne, la bataille se transporta dans la rue. Soudain, une dame, pieds nus et en chemise de nuit, surgit au milieu des combattants. Et, s'emparant de son mari, s'exclama :
‑ " Cha simple, cha benaîse, cha couffle comme un cayon ! Mode à la maisse et va te sacca ! ".
Le combat se termina, manque de combattants et de combativité. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.
Le lendemain, l'on vit nos sapeurs venir récupérer les objets perdus au cours de cette soirée mémorable, pleins de camaraderie. Cette petite friction provoqua des départs avancés à la retraite. Aussi, notre corps de sapeurs recrute, des gros et des maigres, possédant le même tour de taille bedonnant, et la même pointure, mais ayant une hauteur minima, car seul l'adjudant devra dépasser le corps d'une tête.

Rappel à l’ordre
Battez vous, cela nous est égal !
Mais prenez soin surtout des costumes en tergal !

Musique : Tous les sapeurs-pompiers


La chanson écrite à l'occasion de la Quintaine 1967, fait l'éloge de la nouvelle équipe en place à la Mairie; après des années de projets sans suite, on a des projets qui sortent de tous les côtés : construction des H.L.M., l'adduction d'eau dans le village, les bains-douches, stade pour les basketteurs... mais qu'en est-il des impôts locaux ?

Les Glou-glous des Dindons

sur l'air « le travail c'est la santé » (Henri Salvador)

1er Couplet

Notre vieux Saint Paul-en-Jarez
Depuis longtemps, périclitait
Car nos édiles à al Mairie
Préféraient les économies

1er Refrain

Notre petite cité
Restait vraiment arriéré
On s'éclairait aux lampions
Comme sous Napoléon

2ème Couplet

Après trente ans de réflexion
On a trouvé la solution
Nous avons fait un Waterloo
Et le Conseil tomba à l'eau

2ème Refrain

L'histoire du Charivari
Mit de l'ordre à la Mairie
On a viré les anciens
A présent tout va bien

3ème Couplet

Rappelez-vous braves dindons
Point de nouvelles habitations
Pour se loger pas de faveur
Fallait passer par le régisseur

3ème Refrain

Maintenant pour le même prix
Des dindons s'ront à l'abri
Les H.L.M. au printemps
Auront des habitants

4ème Couplet

La plus belle réalisation
C'est le décrassage des dindons
Jusqu'à présent pour faire toilette
Il fallait une cuvette

4ème Refrain

Des douches seront terminées
Au mois d'août de cette année
Dindons comptez sur vos sous
Et non sur Pompidou

5ème Couplet

En Basket, on a des champions
Qui savent tripoter un ballon
Mais comme stade ils n'ont qu'un trou
Quand il pleut, ils jouent dans la boue

5ème Refrain

Fair' du sport c'est la santé
pour pouvoir le pratiquer
Il faut un terrain parfait
Bientôt ce sera fait

6ème Couplet

Il faut voir ce remue-ménage
On creuse dans tout le village
On pose l'eau ici où là
Et l'on construit à tour de bras

6ème Refrain

Les travaux s'ront la santé
De notre village rénové
Et tant pis pour les impôts
S'il se fait du boulot

7ème Couplet

Car il y a des mécontents
Qui plaignent surtout leur argent
De verser, ils trouvent cruels
Trop de centimes additionnels

7ème Refrain

Pour notr' cité des dindons
Qu'importe um peu de pognon
Si on a la liberté
Et la prospérité

8ème Couplet

Espérons que ça continuera
En gardant les mêmes lauréats
Car il faut les féliciter
Pour c' qu'ils ont pondu sans forcer

8ème Refrain

Et Saint Paul deviendra grand
Comme on l' souhaitait d'puis longtemps
Si les autres étaient restés
On serait dans la purée


Sources :

  • Manuscrits originaux de la Quintaine de 1967
  • Edition du programme de la Quintaine de 1967
 

 

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