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Quintaine - 1969


Mesdames, Messieurs,
Dindons, Dindonnes,

Dans cette époque d'évolution et de dévaluation, le Comité de la Quintaine vous donne son bonjour. Car, pour les cochons de payants, c'est aujourd'hui le seul jour gratuit et obligatoire pour rire des faits humoristiques de l'année, et de pleurer sur les impôts nouveaux découlant des évènements du temps des cerises.

Coucou ! Nous sommes là, après un an d'interruption à cause de l'absence de combattants et le manque de francs légers à sortir des caisses lourdes pour encourager les conscrits; aussi, la vogue 1968 ne fut pas brillante. Seule la fête foraine fut animée par quelques chevelus sans barbe, qui firent le marathon autour des chevaux de bois avec les représentants de l'ordre. La foule s'était assemblée, on se serait cru aux arènes de Nîmes, car, des rires, des cris, et des encouragements fusaient des spectateurs. Des mémés s'écriaient :
- « Ah! Sacré carripe, petite gouelle ! C'est monta vers Saint Paul pour sema la marde, et ça s'agrippe avec la police ! ».
Un public de jeunes, mélangés avec des croulants, marquait les points.
Mais la tactique des gendarmes surpassa la souplesse des jeunes absalons. Un demi-tour savant, et nos jeunes poussins furent enveloppés dans les ailes des poulets.
Et la fête continue ! Le virus se propagea à une vitesse incroyable. A quelques pas de là, dans les baraques voisines, des beignets rassis voltigeaient dans l'espace, sous l'oeil amusé de quelques bambins qui ramassèrent les miettes. Les gaufres prenaient des pelles dans les chiques, et les bois des chiques tombaient dans les pommes « rouges ». Faîtes chauffer la colle ! Une fermeture savante des cabarets fut organisée par faute de consommateurs. C'était en quelque sorte la grève des rapiats.

Maintenant, voyons ce qu'il s'est passé depuis notre dernière quintaine.
Dans notre municipalité, nous avons frôlé la catastrophe. Notre premier magistrat s'est retrouvé tout seul, sans adjoints, pour cause d'accidents dûs à la fatalité.
Voici les déclarations d'accident faîtes à la mairie, sous couvert de l'assurance des dindons escamotés.
Premier adjoint :
En montant se coucher, a fait craquer sa chemise en tenant des seins doux.
Rectificatif :
Descendant l'escalier, a fait craquer sa cheville en tenant une berte de saindoux.

Deuxième adjoint :
En mangeant des pommes de terre, se fricassa une côtelette en glissant à en prendre une indigestion.
Rectificatif :
En portant un sac de pommes de terre, il se fractura une côtelette en glissant sur le gazon.

A la suite de ces accidents, nous demanderions, comme dans les équipes de football, des remplaçants pour assurer les affaires courantes.

Vu le plan d'austérité, le Comité suggère des sanctions contre les macadamistes : De dix à trente mètres de fossé, ou huit jours de ramassage des poubelles.

Après nos grandes joies, voici notre grande peine.
De la mairie, les anciens escaliers, historiques et plein de gloire, n'existent plus. Fini les bousculades les soirs d'élection, les glissements des candidats malhereux, ou les pieds vainqueurs des champions du scrutin. Certes, les escaliers ont disparu, mais l'esprit dondon est resté intact et pur, malgré certain parachuté trouvant que notre village est un Clochemerle désuet et anachronique, ce dont nous sommes très fier.
Mais Messieurs les critiqueurs, écoutez bien ceci :
- « Les roquets aboient, les dindons font la roue et les coutumes restent ! ».

A la suite d'une réunion anti-alcoolique, animée par une ex-patronne de bistrot, on vit d'un seul coup le prix de l'eau augmenter par suite d'une consommation abusive avec le pernod, preuve que la conférence avait porté ses fruits. Pour nous, un jour sans vin c'est un jour sans soleil, aussi nous disons à ces Messieurs et Dames respectables de la ligue, que l'alcool conserve bien les cornichons, pourquoi pas nous ? Car, en réalité, la pluie fait couler les fleurs, mais le bon vin fait chanter les coeurs !

Dans notre commune, c'est bien le monde à l'envers ! Pendant que nos tartarins battent la campagne le long de certaines propriétés privées, les lièvres sont au village où ils viennent se faire mettre quelques riquets et faire friser leurs vieilles moustaches grisonnantes, à la barbe de quelques concitoyens désarmés. Espérons qu'avec un peu plus de culot, les capucins viendront eux-mêmes dans la casserole un brin de serpolet à la bouche.

Entre trompettes, ne nous trompons pas. Lors du défilé du 11 novembre 1967, une erreur de bémol fit arrêter des jambes molles. Quelques couacs retentissants furent suivis d'un silence impressionnant. Nous n'étions pourtant pas encore arrivés au cimetière. Ce fut la faute d'un grand musicien aussi effilé que sa trompette, qui avait mélangé les sol et les truites, qui n'étaient pas de Schubert, pour en faire une fricassée. Pour éviter que pareil fait ne se reproduise, nous conseillons à cette société de clairons de jouer avec des instruments bouchés avec de la ouate, ou de nous interpréter des morceaux tels que « La Carpe » ou « La Muette ». S'ils désirent des cours de musique, qu'ils s'adressent aux musiciens du Comité de la Quintaine. Entre musiciens, musiquons bien !

Après ce tour d'horizon sur les évènements communaux,
En avant la musique !

Voyons à présent les exploits réalisés depuis la dernière quintaine, par quelques dindons émancipés.


Première Romance

Cadeau surprise pour une jeune mariée

Des dindons, nouveaux promus et nouveaux mariés, vinrent s'installer dans notre H.L.M. Pourvue de tout le confort. La cuisine, très bien; la chambre, encore mieux; seule, la salle de toilette laissait à désirer, car il manquait un ustensile indispensable, recommandé par le service d'hygiène. Renseignés par le jeune mari, deux de nos concitoyens, spécialistes, l'un pour le compteur, l'autre pour l'incendie, se dévouèrent pour trouver chez un ferrailleur achalandé du coin, cet objet manquant. Rien en voir avec un appareil moderne, mais quelque chose de rustique, avec un petit coup de brosse, ça paraissait neuf, et il était, s'il vous plaît, avec des roulettes.
Ayant installé l'engin avec la complicité du mari, nos compères, tout souriant et l'air narquois, assistèrent à la pendaison de la crémaillère. Après avoir fait visiter à ses invités les pièces principales, notre jeune mariée se dirigea d'un pas souple vers cet endroit intime qui s'appelle salle d'eau. Et là, c'est avec un cri d'horreur qu'elle découvrit la chose. Devenant toute rouge, elle s'exclama en levant les bras :
- « Mettre mon postérieur tout neuf sur ce machin d'occasion, ça jamais ! ».
Dindons, avez-vous deviné ce qu'était cette chose ?
Un bidet antique, du siècle dernier et à roulettes, ayant connu et arrosé des moustaches de toutes les couleurs.
Si la dame était émue, nos trois compères jubilaient, surtout que la surprise était de taille et fut copieusement arrosée, comme il se doit.
Pourquoi des roulettes ? Ne vous étonnez pas Mesdames, car dans le temps, le mari promenait sa douce moitié sur cet ustensile, pour lui faire contempler les fleurs de la tapisserie de la chambre à coucher, et permettre à sa chère moitié, de prendre l'air et de se ravigoter.
Dindons, une indiscrétion. L'engin sert toujours. Sa colère passée, la dame le conserve et l'utilise. Elle se propose de le faire moderniser en lui faisant adapter une paire de pédales, pour naviguer à son aise, sans le concours de son mari. Car, si les bateliers de La Volga tiraient les bateaux, les maris modernes ne veulent plus tirer les bidets.

Observation
Un cheval à la patte cassée
Est mené vers l'abattoir.
Mais un bidet à la roue voilée
Peut toujours servir de lavoir.

Musique : La machine à laver la vaisselle


Deuxième Symphonie

Pâtisserie fine et fins gourmets

La vogue de Saint Paul-en-Jarez est renommé pour ses festins et ses desserts assortis. A la fenêtre de l'habitation du premier magistrat de la commune, un plateau abondamment garni de choux à la crème, adayait l'oeil envieux des passants. Dans notre petit Clochemerle, où l'on fait bien la différence entre un chou de montagne et un chou à la crème, c'était tenter le diable. Ce qui devait arrivé, arriva. Après le vagabondage d'une équipe tournante, le dessert a mal tourné. Une bande de gourmands, démunis d'argent, se saisirent habilement du plateau et en avalèrent goulûment le contenu, puis, laissant le récipient sur la chaussée, ils s'éclipsèrent rapidement. Dans la maison, après avoir fait ripaille, des convives, ayant délaissé le rôti pour garder une petite place pour le régal du palais, attendaient impatiemment le commandement de Zézette pour tourner l'espagnolette.
- »Mon gros Loulou, fais passer les choux ! ».
Celui-ci ouvrit la fenêtre, et ce retournant tout pâle, s'écria :
- « Zut, Zette, les choux ont pris la poudre d'escampette ! ».
N'appelant pas le garde-champêtre, il sortit pour faire son enquête. Arrêtant tous les jeunes de douze à quatorze ans, il leur faisait ouvrir la bouche et reniflait leur haleine afin de déceler les coupables. Hélas, il trouva beaucoup de bouches sentant la bouillie, mais aucune la crème Chantilly. Le dernier ausculté, un petit dindonneau culotté, lui répliqua d'un air goguenard :
- « Ce n'est pas moi Monsieur, j'aime bien les choux, mais avec du lard ! ».

Recommandation
Si, pour la vogue, des étrangers apportent leur musette,
Pour leur dessert, ils n'ont qu'à reluquer toutes les fenêtres.

Musique : Je vous ai apporté des bonbons


Troisième Cacaphonie

Nouvelle NASA, fermez les naseaux

Comme nous l'avons constamment affirmé, Saint Paul est toujours à l'avant-garde du progrès. Nous avons dix ans d'avance sur Farnay, La Cula et Tapigneux.
Archimède est battu, la loi de la pesanteur a disparu. Pourquoi ?
Dans nos nouveaux logements à loyer bon marché, des locataires eurent une surprise désagréable. Car, dans certains WC, un refoulement anormal se propageait. Des cris, des pleurs, et des lettres, firent déplacer de hauts légumes (anciens propriétaires fauchés), pour enquêter sur ces incidents qui mettaient les locataires sur les dents et sur les narines. Quelle en était la cause ? Un petit satellite, plutôt grassouillet et d'une odeur repoussante, ressemblant à une saucisse ailée, circulait dans les conduits, de haut en bas et de bas en haut, dans l'espoir de retrouver la lune qui l'avait conçu. A qui appartenait la chose ? Aucun habitant ne reconnaissait son bien. On entendit quelque échos : - « Si elle a des noyaux, c'est du locataire d'en haut ! Si elle a des pépins, c'est celle du voisin ! ».
Pour éviter de s'embourber, on fit venir un expert, agrégé de la fameuse pompe à chose, aspirante et refoulante, que vous connaissez bien. Sans commentaire.
Pour que de pareils incidents ne se reproduisent, nous demandons à la société des loyers bon marché, d'installer dans une petite vitrine, genre aquarium, pour exposer ce satellite voyageur, afin de l'admirer et de retrouver le lanceur de ce missile. Quoi qu'on dise, pour nous ce n'est pas le progrès. Dans le temps, chacun faisait son petit besoin dans un vase à fleurs, et dans l'obscurité, le jetait sur la tête de quelque ivrogne attardé. Au moins, ça n'emmouscaillait pas les voisins.

Conclusion
Si nos savants envoient des fusées pour découvrir la lune,
Nous, à Saint Paul, nous cherchons la lune qui a envoyer la fusée.

Musique : Chose divine


Quatrième Orchestration

Au balai brisé

Dans un estaminet nouvellement rénové, des robustes et courageux artisans, de tous les corps de métier, faisaient voltiger les copeaux tout azimut, et parlaient du boulot la journée terminée, devant quelques pots de vin de pays, afin de faire glisser la poussière et éviter la silicose.
Après quelques discussions gauloises, certaines plaisanteries émoustillèrent le caractère ombrageux du maître de céans (ancien légionnaire du 5ème dépondu de Vigelon), qui déferla sa colère sur un soldat d'un tout autre genre. S saisissant d'un balai-brosse placé à portée de sa main, il en laissa tomber le manche rugueux sur la boule de billard de l'adjudant. Oser frapper un supérieur, la chose est grave. Effectuant un savant repli stratégique, celui-ci alla se faire mettre une bande Velpo, pour cacher sa blessure imaginaire. Pendant ce temps-là, le patron, pris de remords, patrouillait par les rues du village, afin de retrouver sa victime d'un soir, pour lui faire ses excuses. Se présentant sous la fenêtre du blessé, il poussa une borlée :
- « Oh ! Jousé ! A t'a fa mo ? Viens vé ché mé, je vas te baillis un canon ! ».
Ne recevant aucune réponse, le cabaretier rentra au logis. Quelques minutes plus tard, accompagné des acolytes qui avaient monter le coup, le blessé se représenta au bistrot avec la tête emmaillotée comme des pieds de cochon qu'on met au four. Devant l'embarras du patron, il s'exclama :
- « Sois sans crainte, mon ami. Tout va très bien. Qu'est-ce qu'un coup de balai sur le crâne d'un adjudant qui a lutté contre plus de cent incendies, et qui a ramassé plus de trente poutres sur la tête ! ».
Alors, le patron rassuré, lui répliqua malicieusement :
- « Oui, mais aujourd'hui tu n'avais pas de casque ! ».

Réglementation
Le port du casque sera obligatoire dans les estaminets, comme dans l'exercice,
Mais il est recommander de ne pas l'enfoncer.

Musique : Tout va très bien, Madame la Marquise


Cinquième Mélodie

Quand on a un bon gosier, on peut avoir la vue basse

Par une certaine soirée, deux de nos employés municipaux partirent en deux chevaux pour une expédition nocturne vers le pays qu'on appelle « Le Rivage », mais d'où l'eau est bannie, afin de faire provision de rigottes aux artisons, avec la marque « Chuyer » qui fait fureur dans toute la région, et de se mouiller le gorgeron avec ce petit grattant qui se casse les reins en descendant de « L'eau qui bruit ». Bien sûr, les rigottes sont dures à avaler, n'étant plus d'origine. Du vrai plâtre à monter les galandages dans un faux H.L.M. Mais qu'importe le fromage, pourvu qu'on ait l'ivresse. Ayant terminé leurs achats, nos deux compères prirent le chemin du retour, mais au premier ver luisant indiquant un cabaret qui se dressa sur le bord de la route, ils s'arrêtèrent pour boire le dernier. On appelle ça le coup de l'étrier (ou le coup de barre). En sortant de l'estaminet, n'ayant pas vu le soleil de la journée, et ne voyant pas mieux la lune, ils se trompèrent de véhicules. Avec quelques grincements de boîte à vitesse, les voilà en route cahin-caha. Après quelques kilomètres, des coups de klaxon répétés les firent tressauter :
- « Quel est l'individu qui veut nous doubler avec ce vieux riblon ? ».
Quand l'auto les dépassa, l'un d'eux s'exclama :
- « Mais c'est ma voiture ! ».
Et d'un coup de frein énergique, ils stoppèrent aussi sec. Après quelques palabres, et avant que chacun ne reprenne son bien, débouchant une marie-jeanne qui se trouvait par hasard sur la banquette arrière du véhicule poursuivant, ils s'arrosèrent largement le corgnolon, et avant de se quitter, dans une dernière parole, celui qui s'était trompé déclara :
- « Je ne l'ai pas fait exprès, excusez-moi, et croyez moi mon vieux, car je suis natif de la Croix de Montvieux ! ».

Constatation
On peut se tromper de femmes, mais jamais d'auto,
Car ce n'est pas la même clé de contact.

Musique : Enfin, j'ai une auto


Sixième et dernier Concerto

Incidents techniques et avaries de parcours

Au concours de belote, organisé à Farnay par les anciens combattants du quatrième laitier de La Quinarie, et qui, malgré sa blessure gagnée aux grandes batailles de Vergelas, était monté pour faire honneur de sa présence. Il ne fut pas reçu avec des fleurs, mais avec une brassée de chopines (en souvenir du canon, fallait avaler beaucoup de canons). Si le gros lot du championnat était une chèvre, celle que ramena ce monsieur n'était pas de la couleur de celle de Monsieur Seguin. Le retour au village se fit tant bien que mal, mais tout près de son logis, notre homme voulut soulager sa vessie. D'un arbre il s'approcha, alors le drame éclata. Sitôt défaite, la ceinture cuir « Antoine » lâcha, et le pantalon tomba, tel le rideau à l'Opéra. Une légère brise de février faisait flotter la bannière, découvrant une Dame Fanny bien grassouillette, qui faisait risette à notre garde-champêtre se trouvant à passer par là, mais qui bien vite s'éclipsa. Désirant cacher son postérieur, notre dinde voulut redresser son pantalon, mais sa jambe en caoutchouc céda, et sur le sol notre homme s'abousa.
- « Oh ! Misère ! Moi qui ai combattu sous beaucoup d'étendards, je ne voudrais tout de même pas crever sur ce trottoir ! ».
Après maints efforts, se cramponnant à l'arbre comme un chat avec ses griffes, notre compatriote se retrouva debout et réussit à mettre ses falzards en place. Mais pendant l'opération, un geste malheureux fit dégringoler la casquette. Deuxième exercice physique pour récupérer le couvre-chef. Hélas ! Un craquement sinistre se fit entendre. Le pied Michelin anti-gel dérapa, et notre homme chut lourdement sur le gravier. Un épanchement de signe de vie venait de se déclarer à la cheville démontable.
- « Oh ! Malheur ! Pour une fois ce pied me trahit, lui qui m'avait toujours été fidèle, il avait même connu le derrière d'un dindon récalcitrant ! ».
Toutes ces scènes se passaient sous le regard d'yeux curieux. Il est une expression qui dit « l'oeil était dans le vase et regardait Caïn », mais « l'oeil du garde était sous la voûte et regardait Julien ». Quelques jeunes gens de passage, apitoyés par le sort de notre concitoyen, s'approchèrent :
- « Ca ne va pas pépé ? » demandèrent-ils.
- « Il faudrait me rendre chez moi ! » bredouilla-t-il.
- « Et où demeurez-vous ? ».
- « J'habite au Bout du Monde ! ».
- « Au Bout du Monde ? Le soleil sera sûrement levé que vous ne srez pas encore arrivé, car vous n'avez qu'un seul pied ! ».
Prenant pitié de ce pauvre mutilé, les jeunes l'empoignèrent sous les aisselles, et tel un colis, le rendirent à destination. Une fois chez lui, notre homme, dans des hoquets vinasseux, fit ainsi sa prière du soir :
- « Farnaybus, pédibus, raidibus, mortibus, amen, j'arrive ».
Puis notre dindon, que la soif avait quitté, et que le sommeil avait pris, bascula dans les bras de Morphée en rêvant au royaume des pieds de vigne qui l'attendait.

Conseil
Quand vous prenez une biture
Laissez chez vous votre ceinture.
Pour cacher votre postérieur,
Le port de bretelles serait bien meilleur.

Musique : Auprès de mon arbre


La chanson imprimée sur le progamme de la Quintaine de 1969, texte qui n'était jamais lu au public, traitait, tout comme le quatrième texte du discours, de la mésaventure arrivée au chef des sapeurs-pompiers, auquel le buraliste de Saint Paul-en-Jarez avait cassé un manche à balai sur la tête.

Tout va très bien Monsieur le Buraliste


sur l'air de "Tout va très bien Mme la Marquise"

I

Alors Messieurs, quelle nouvelle
De notre chef des pompiers ?
Car on m'a dit, Ah ! Je chancelle
Qu'à l'hôpital on l'a emm'né.

Cela n'est rien, Monsieur le buraliste,
Cela n'est rien tout va très bien,
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise
L'adjudant ne va pas très bien.
Ce coup d'balai sur son crâne lisse
A remué sa matière grise.
Mais à part ça, Monsieur le buraliste,
Tout va très bien, tout va très bien.

II

Ah ! Mes amis, je vous conjure
De m'avouer la vérité.
Je suis inquiet, je vous assure,
Ne va-t-on pas le trépaner ?

Cela n'est rien, Monsieur le buraliste,
Cela n'est rien tout va très bien,
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise
L'adjudant ne va pas très bien.
Nous l'avons vu dans son auto
La tête couverte d'une bande Velpo.
Mais à part ça, Monsieur le buraliste,
Tout va très bien, tout va très bien.

III

Je vais vous expliquer le drame,
Je t'nais le balai par les crins.
Si le manche tomba sur son crâne,
C'est qu'il m'a échappé des mains.

Cela n'est rien, Monsieur le buraliste,
Il n'y aura, ne craignez rien,
Aucune conséquence à votre sottise
Car voilà l'adjudant qui vient.
Il a la tête emmaillotée
Mais n'arrête pas de rigoler.
Vous le voyez, Monsieur le buraliste,
Tout va très bien, tout va très bien.

IV

Monsieur le chef, de vous voir rire,
Maintenant je suis rassuré,
Car pour vous je craignais le pire,
Et je vous prie de m'excuser.

Ce n'était rien, Monsieur le buraliste,
Tout va très bien, tout va très bien.
Votre coup de balai sur ma petit'tête lisse,
Ce n'était rien, ce n'était rien.
Tout de suite me tenant la tête
J'ai pris la poudre d'escampette
Jusqu'à l'estaminet voisin.
Et là avec tous mes copains
Ensemble nous avons décidé
De vous faire croire que j'étais blessé.
Ils m'ont entouré aussitôt
La tête avec une bande Velpo.
Voilà même qu'un de ces hommes
Voulait m'mettre du mercurochrome.
Mais cela je ne l'ai pas voulu
Pendant huit jours ça se serait vu.
Quand à votre coup sur mon caillou
Je ne l'ai pas senti du tout.
Mais vous aurez comme punition
A nous offrir quelques canons.
Et s'exécutant aussitôt
Le patron apporta des pots.
Vous voyez, Monsieur le buraliste,
Tout va très bien, tout va très bien.


Sources :
  • Manuscrits originaux de la Quintaine de 1969
  • Edition du programme de la Quintaine de 1969

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