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Quintaine - 1970


Bonjour les Dindes !

Mesdames, Messieurs,
Chers électeurs et électrices,
Chers contribuables déshabillés !

Nous vous souhaitons une bonne année, une bonne santé pour vous, et bonnes économies pour ceux à qui ils en restent.
Nos attaquons l'année 1970, déjà, comme d'habitude.
Les fleurs s'épanouissent, mais les porte-monnaies se flétrissent, les abeilles continuent de butiner, mais nous on continue de piétiner. D'après notre cher ministre, il ne faut pas craindre la valse des étiquettes, mais, chers dindons, nous avons tous droit à la danse, notre porte-monnaie fait l'accordéon, ce n'est pas qu'il manque de boutons, mais de francs lourds.
Nos nouveaux élus ont un bon ramage, mais nous les dindons avons un bon gésier. Mais si leur ramage ressemblait à leur plumage, nous serions les toupies-paons de Saint Paul.
Premier exemple !
Dans notre petit village, l'eau triche. Les bains et les douches ont pris une tournure mousseuse et surprenante étant donné la situation citée plus haut. Risquerait-on de ressortir les bassines et les bagnons ? Non ! Rassurez-vous ! Car, pour se décrasser le croupion, on a trouvé une autre solution. Allo, allo, nous sommes au fil de l'eau. Soit disant, je me suis laissé dire qu'un camion-citerne avec des des tuyaux, comme celui qui nous emmerde les matins de bonne heure, changerait sa mixture en eau de Cologne « Cacacoman », pour ajouter à l'eau un goût en rapport avec le prix plus la TVA évidemment, de manière à ce que le restant des usagers y trouvent leur satisfaction, dans une France toute verte et nouvelle. Premier exemple à constater.
Après les inconvénients, les avantages. Bientôt va surgir du sol banlieusard, une nouvelle poste, autant moderne qu'agréable, qui fera la joie des fonctionnaires, en même temps que celles des contribuables, qui pourront transporter leur argent tranquille aux chants des oiseaux et des cris-cris, sans craindre le hold-up.
Si des gens sont satisfaits, d'autres sont mécontents, car le téléphone souterrain entraîne la suppression des poteaux.
Oh, braves poteaux ! Si tes fils se brisaient pendant la tempête, combien as-tu soutenu de dindes qui étaient pompettes ! Sans excepter le garde-champêtre !
Après ce tour d'horizon national et communal, en espérant que les vrais dindons aient compris, nous passons à l'actualité.


Première Marmelade

Compote de pommes et salade de gros yeux

Un certain soir, faisant une tournée officieuse et remplie d'obstacles, notre garde municipal très dévoué, passa devant chez de braves villageois en train de déguster leur savoureux repas du soir. La fenêtre entrebâillée laissait échapper une odeur alléchante qui fit frissonner les naseaux de notre gourmand. Suivant son flair et sa ruse, il frappa fougueusement à la porte de ce logis.
- « Entrez ! » lui dit-on.
- « Excusez-moi si je vous dérange en train de manger, mais je suis de tournée dans le quartier ! ».
Le prétexte était bon. Le voilà devant la table bien garnie et où les convives allaient attaquer le dessert. Le petit verre de vin lui fut servi, mais notre homme ne fut pas satisfait, car c'est un bon buveur, mais aussi un fin gourmet. Un superbe plat de compote lui attira les yeux, et ne se voyant pas sollicité pour le déguster, une idée coquine et personnelle lui vint à l'esprit. D'un coup de doigt crochu et adroit, il arracha son oeil démontable et le projeta au beau milieu du plat. Sur le coup, personne ne s'aperçut de l'arrivée du missile, et pourtant, quelques éclats picarleux atterrissaient sur la poitrine et les cheveux de la maîtresse de maison. Son coup d'éclat étant fait, notre Dudu était aux anges, pensant que même n'étant pas invité, il allait pouvoir tout s'envoyer. Mais sa joie fut courte. La petite ménagère saisit une cuillère pour faire le service, à commencer par les enfants. La surprise fut instantanée. Un objet rond et brillant, tel un colimaçon, apparut sur la compote. Aussitôt la pauvre femme, entre deux hoquets et trois soubresauts, fixa les yeux sur la table, et c'est alors qu'elle s'aperçut que le dernier arrivé n'avait plus qu'un vasistas. Un cri étouffé lui échappa :
- « C'est ce cochon de Dius qui a foutu son voyant lipeux dans mon plat ! ».
Devant la tournure que prenait les évènements, notre garde jugea prudent de vite récupérer son curieux qui lui sert à coller les affiches à peu prés d'aplomb. Tel un sattelite, le plat passa par la fenêtre. Tel est pris qui croyait prendre. C'est en suçant son oeil qu'il sentit le bon goût des bonnes pommes de Farnay.

Conseil
Ménagères, attention ! Quand vous regardez les pommes,
C'est peut-être elles qui vous regardent,
surtout après le passage du garde !

Musique : Salade de fruits


Deuxième Quincajou

Le boeuf, le poulet et Maître Grison

Un certain boeuf s'étant désaltéré de quelques extraits de vigne,
Se trouvait fort embarrassé pour retrouver la droite ligne.
Il s'en vint clopin-clopant au cabaret
Tenant dans ses bras un superbe poulet,
qui ne dirait plus « Cocodi, cocoda »,
Mais qui par la suite ferait un bon repas.
Maître Grison à cet instant survint,
Noyant son esprit dans de pots de vin.
Au bovidé va chercher querelle,
Qui pour Grison était chose habituelle.
C'est ainsi qu'ils parlèrent breuvage
Devant le poulet qui n'avait plus de langage.
Après maintes et houleuse discussions,
Le boeuf riquait Maître Grison
Qui envoyait à ce moment une ruade,
rendant le boeuf occis, fort malade.
La culbute restera légendaire,
Car le boeuf, les quatre fers en l'air,
Enchaffeté entre chaises et tables,
Trouva la situation fort désagréable.
Des gémissements hiduex et des hi-hans stridents
Firent sortir de ses gonds le maître de céans.
L'un fut remis sur ses sabots, l'autre à la raison
Alors que tomba dans l'eau le reste de la chanson.
Patience et longueur de temps vaut mieux que force ni que rage,
Pour notre boeuf tremblant de courage.

Musique : Tzim ma taloche


Troisième tour de Co-de Cochon

La réunion du Conseil battait son plein. Loulou parlait avec chaleur de certains travaux communaux qui doivent s'élaborer dans les années à venir, sans se douter que dans l'immédiat, une opération urgente les attendait dans le sous-sol de notre mairie rénovée.
En effet ! La chaudière se trouvant défectueuse, et ne donnant pas entière satisfaction, fut examinée avec soin par les trois premiers notables. Sans se faire tirer l'oreille, et sachant que leur devoir aboutirait dans un petit coin agréable, ils firent la descente en conjuguant des petits coins d'oeil malicieux. Comme dans tous les travaux de fonctionnaire, un qui note et deux qui se crachent dans les paluches, ce qui fait venir inévitablement la soif. Mais quand on est dans des lieux pareils, la baguette du sourcier est superflue, seul l'odorat compte. L'un d'eux, frais comme Baptiste, le plus rusé et assez compétent dans la matière, se dirigea vers une porte entrouverte.
- « Serait-ce la cave de notre garde ? Y aurait-il par ici quelques bouteilles de sirop grattant, qui lui maintiennent sa virilité ? ».
En début de perquisition, pas de pot, rien que des bocaux, des blettes, des racines, des salsifis et la chopine de purge de la Mady. Mais le fouineur, attiré comme un aimant vers un vieux placard caché dans l'obscurité, venait de toucher au but. Rejoignant ses compagnons de cordée, les deux mains embarrassées par deux bouteilles poussiéreuses, il dit :
- « Ça y est ! C'est fait ! Pour un coup, on va boire à sa santé ! ».
Devant des gosiers aussi rapides et entraînés, le contenu fut vite ingurgité, et mettant bien en vue les fûts vides avec une étiquette préalablement préparée :
« A la santé du garde, et pour la conserver ! ».
A quelques temps de là, entendant les ragots dans la rue, notre victime apprit ce qui lui était arrivé, et se dépêchant de constater les faits, se trouva fort marri, comme un renard qu'une poule aurait pris. Et c'est pourquoi depuis, à cause de cette avarie, il préfère sortir de la mairie sans képi, que de sa cave avec la pépie.

Musique : Encore un p'tit verre de vin


Quatrième Tragédie

Marrons chauds, c'est la vie

Tiétienne n'était pas le Fifi de la Lolo. Par un bel après-midi d'automne où la brise et le brouillard de Chavanol faisaient frissonner le feuillage des châtaigners du Bessy, ainsi qu'entrouvrir les peillons. Un sympathique commerçant de notre commune, la mine réjouie et la jambe souple, s'en allait s'oxygéner pour se faire passer le goût de la drogue et de la peinture, et aller cueillir quelques fruits chers aux cochons. Cela était bien normal, rester toute une semaine au milieu de la poudre D.D.T., on peut se permettre d'aller une paire d'heures à la maraude, si on peut appeler ça ainsi, car notre homme s'était pourvu d'une permission vocale mais non inscrite et vieilles de plusieurs années. Arrivé sous les sous-bois, la cueillette fut bonne, mais de courte durée, car des paroles aigües et des cris féroces s'élevèrent des taillis. Surpris, notre apprenti maraudeur se redressa :
- « Aurais-je entendu des voix ? Serais-je à Domrémy ou au bois du Bessy ? ».
La réalité était bien là. Dressée à quelques pas de lui, une silhouette menaçante se mit à l'apostropher. Si les peillons étaient piquants, la patronne n'était pas douce.
- « Qui vous a donné la permission de venir barboter mes marrons ? ».
- « Mais ma brave dame, excusez-moi ! Je me suis peut-être trompé d'endroit ! Si je vous ramasse quelques marrons, Dieu et ses saints vous les rendront ! ».
- « Continuez de me narguer, et j'irai chercher la maréchaussée ! ».
- « Ne prenez pas cette peine, j'ai ma deux pattes au fond du pré ! ».
- « Un type de votre importance, possédant un siège à la mairie, ne pas connaître le plan cadastral, et surtout les limites du Bessy ! Ici vous êtes chez moi ! Et la personne qui vous a donné la permission est loin d'avoir de si beaux marrons ! ».
Notre homme s'en retourna déçu, alla raconter sa mésaventure à un de ses amis, ce qui lui valu bien sûr, ça en vaut bien la peine, de figurer aujourd'hui sur le discours de la Quintaine !

Mise au rang
Oh! Propriétaire cruelle,
Si un jour tu me rejoins au ciel,
Je t'ouvrirai les porte du paradis
Pour te rendre tes châtaignes du Bessy !
Ainsi soit-il


Sources :
  • Manuscrits originaux de la Quintaine de 1970

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