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Jacques Lisfranc de Saint Martin

Fils de Pierre LISFRANC de SAINT MARTIN, maître chirurgien, et de Charlotte de la ROUE, Jacques est né le 18 avril 1787 à Saint Paul en Jarez.
Il songea un moment d'embrasser la carrière militaire, les victoires napoléoniennes enflammant les esprits. Mais la tradition familiale reprit le dessus et il opta pour la médecine. Il débuta ses études médicales dans les services du Grand Hôtel-Dieu de Lyon. En 1809, il fut reçu huitième sur quinze au concours de l'internat de la Faculté de médecine de Paris. On peut citer parmi ses professeurs, les docteurs Corvisart, Des Genettes, De Jussieu, Dupuytren pour lequel il eut une grande admiration. En 1810 il est de nouveau à Lyon, où il se présente au concours de l'internat. Là aussi il fut reçu huitième sur quinze. 1811, on retrouve sa trace à Paris, son nom apparaissant sur un passeport pour se rendre à l'hôpital Saint Louis. Le 26 août 1813, il soutint sa thèse à la faculté de médecine de Paris et obtint le titre de docteur. A cette époque, il était chirurgien interne de l'Hôtel-Dieu de Paris et de l'Hôtel-Dieu de Lyon, membre de la Société d'Instruction médicale et de l'Ecole pratique.
Il présenta une thèse sans grand intérêt, car d'après Lisfranc, il ne put y consacrer tout le temps qu'il eut voulu. Et pour cause. En mars 1812 il sollicite et reçoit une commission de chirurgien sous-aide pour l'armée de Catalogne qu'en final il n'accepte pas. Il fut désigné le 3 aout 1813 par le préfet de la Loire pour être attaché en qualité de médecin de la Grande Armée. Il recula le plus possible son départ, et dans les premiers jours de septembre il partit pour l'armée.Il fit la Campagne de Saxe, assista à la bataille de Leipzig et à celle de Hanau. Il fut ensuite attaché comme médecin de première classe à l'hôpital de Metz. Ayant contracté le typhus, il dut y rester plusieurs mois et ne revint à Paris qu'après l'abdication de l'Empereur.
Installé rue Saint Martin, il présente à l'Institut deux mémoires; le premier, le 21 novembre 1814, traitant du procédé de désarticulation qui porte aujourd'hui encore son nom. Le second, publié en 1815, décrivait l'amputation du pied dans son articulation tarso-métatarsienne. A partir de ce moment, il s'adonne à la médecine opératoire et l'enseigne à des élèves qui viennent nombreux. Pendant trois ans, ces cours sont son principal revenu. Il initiait surtout les débutants aux difficultés de l'art opératoire
En 1818, il est nommé chirurgien du bureau central des hôpitaux. Il est désigné par l'Académie de médecine pour compléter la section chirurgie le 6 février 1821.
Lors de la réorganisation de la Faculté de Médecine, Dupuytren promet à Lisfranc de l'appuyer et lui remet une longue lettre destinée au ministre qu'il s'empresse de lui porter. Malgré cela, il ne fit pas parti des nominations. Ce n'est que quelques semaines après qu'il apprit que cette lettre n'était en fait qu'une longue diatribe contre lui. Dupuytren le décrit comme un chirurgien médiocre. A dater de ce jour, Lisfranc voua à son ancien maître une animosité qui ne fit que grandir au fil des années.
En novembre 1823, il passe le concours d'agrégation comme candidat en section chirurgie, et arrive premier. En 1824 il est chirurgien de seconde classe à l'hôpital de la Pitié. Il devint chirurgien en chef dans ce même établissement en 1825, succédant à Béclard. Dés lors, il s'oriente davantage vers la thérapeutique.
C'est à partir de 1823 qu'il commença à écrire des mémoires dans lesquels il proposait des perfectionnements en chirurgie. Un de ses travaux le plus important fut son "Mémoire sur les règles générales des désarticulations", parut en 1827 dans la "Revue médicale".
En juin 1834, il se présente au concours pour le professorat à une chaire à la Faculté de Médecine. Les épreuves durent deux mois, soutenues devant un jury et publiquement. D'ailleurs, les assistants ne se génaîent pas pour manifester leur soutien ou leurs critiques envers les candidats. Malgré son sentiment, et celui d'une grande partie de l'assistance, d'avoir passer les épreuves avec succès, il échoua. Un grand nombre de ses élèves et une partie du public pensèrent que cet échec était l'oeuvre d'une haine longtemps cachée. Dupyutren, contre lequel il ne manquait jamais de critiques et de propos ironiques, faisait parti du jury. Il retentera par deux fois l'entrée à la Faculté. Chaque fois il échouera.
Sa haute stature, ses traits énergiques, sa voie retentissante donnaient à ses colères un caractère particulier de violence et d'emportement. Ses piques contre Dupytren étaient parfois spirituelles, mais le plus souvent triviales et grossières.
En 1835, Lisfranc étant président de l'Académie de médecine, il dut annoncer la mort de Dupuytren. Il le fit en termes académiques en rendant honneur à son ancien maître.
Il avait une des plus belles clientèle de Paris. Il avait acquis une renommée populaire dans les maladies de l'utérus. En avril 1837, il est appelé au chevet de Hortense de Beauharnais. Il refusa d'intervenir, et déclara :
- "Si la chirurgie est brillante quand elle opère, elle l'est bien davantage lorsque, sans faire couler le sang et sans mutilation, elle obtient la guérison du malade".
Son abstention était en réalité justifiée par le caractère inopérable d'une tumeur qui emportera la patiente peu après.
Il publia trois volumes sur sa "Clinique chirurgicale de la Pitié" (1842-1843), textes reprenant les leçons qu'il avaient données à la Pitié, puis un "Précis de médecine opératoire" (1845), ainsi qu'un bon nombre de mémoires dans la "Revue médicale", les "Archives générales de médecine", la "Gazette médicale" et le "Journal de chirurgie et de médecine pratique".
On lui doit l'invention de procédés particuliers pour la résection de l'extrémité supérieure de l'humérus, du premier et du cinquième métatarsien, pour l'amputation du maxilaire inférieur, pour celle du poignet et de la jambe. Il s'est aussi beaucoup interessé aux maladies de l'utérus.
En 1843, découragé par ces échecs à l'entrée de la Faculté, il s'oublia dans le travail; le jour, absorbé par sa clientèle et son enseignement, la nuit par la rédaction de son "Précis de médecine opératoire". Les trois ans qu'il mit à achever son livre, conjugué à ses occupations professionnelles, altéra profondément sa robuste constitution. "Le médecin meurt de faim ou de fatigue" se plaisait-il à répéter.
En mai 1847, atteint d'une angine, il succombe dans la nuit du 12 au 13 mai 1847 à des complications septicémiques. Ses obsèques eurent lieu à Saint Sulpice le 15 mai en présence des délégations officielles de la Faculté ainsi que de l'Académie Royale de médecine dont il était membre.
Outre les différents articles et mémoires qui parurent dans diverses revues médicales, il écrit les ouvrages suivants :
  • Quelques propositions de pathologie, précédées de recherches, réflexions et observations sur l'amputation de la machoire inférieure (1813)
  • Mémoire sur l'amputation du bras dans l'articulation scapulo-humérale (1815)
  • Mémoire sur l'amputation du pied dans son articulation tarso-métatarsienne; méthode précédée des nombreuses modifications qu'a subies celle de Chopart... (1815)
  • Mémoire sur quelques points obscurs de la gonorrhée (1815)
  • Nouvelle méthode opératoire pour l'amputation partielle du pied dans son articulation tarso-métatarsienne(1815)
  • Mémoire sur un nouveau procédé opératoire pour pratiquer l'amputation dans l'articulation coxo-fémorale (1823)
  • Mémoire sur des méthodes et des procédés nouveaux pour pratiquer l'amputation dans l'articulation scapulo-humérale (1823)
  • An eadem contra varias urethrae coarcrationis species medela (Thèse pour l'agrégation en chirurgie - 1824)
  • Mémoire sur de nouvelles applications du stéthoscope de M. le professeur Laennec, suivi d'un mémoire sur une nouvelle manière de pratiquer la taille chez la femme(1825)
  • Mémoire sur un nouveau procédé pour l'amputation dans les articulations des phalanges (1825)
  • Nouvelles considérations sur la saignée du bras (1825)
  • Mémoire sur les règles générales des désarticulations (1827)
  • Excision du rectum carcinomateux (1830)
  • Mémoire sur la rhinoplastie ou l'art de refaire le nez (1833)
  • Mémoire sur les cancers superficiels qu'on croyait profonds (1833)
  • Mémoire sur l'excision de la partie inférieure du rectum devenu carcinomateux (1833)
  • Des diverse méthodes et divers procédés pour l'oblitération de artères dans le traitement des anévrysmes (chaire de clinique chirurgicale - 1834)
  • Maladies de l'utérus, d'après les leçons cliniques (1836)
  • Clinique chirurgicale de l'hôpital de la Pitié (1841-1843)
  • Précis de médecine opératoire (inachevé - 1846-1847)

Sources :
  • Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes... Tome vingt-quatrième (Michaud, Louis-Gabriel)
    BNF : http://gallica.bnf.fr/
  • Les biographies médicales (P.Busquet, A.Gilbert)
    Bibliothèque municipale de Lyon : http://www.bm-lyon.fr/
  • Thèse : Quelques propositions de pathologie, précédées de recherche, réflexions et observations... (J.Lisfranc de Saint Martin)
    BUIM : http://www.bium.univ-paris5.fr/

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